dise de la foi, p.UQ
mal. » Quatorze ans plus tard, même note : « J'aime à voir rhumanité et tout ce qu'elle respecte, ravalé, iionni, siiflé. ^ »
Les sources de l'amour vrai, du dévouement effectif pour les hommes n'ont jailli que du Calvaire, C'est au pied de la croix que l'âme du P. Gratry, comme celle de Pascal, s'est baignée dans les flots de la pitié. La foi profonde à l'Évangile, l'union d'esprit et de cœur en N.-S. Jésus-Christ n'ont cessé de vivifier, de renouveler, de surnaturaliser ses pensées et ses sentiments.
« La grande image de piété devant laquelle il méditait, priait, travaillait, préparait ses discours et ses livres, c'était la mappemonde terrestre, surmontée du crucifix, la croix touchant le globe et le pénétrant ; le sang de Jésus-Christ ruisselant de toutes ses plaies et de son cœur entr'ouvert, pour inonder lo monde, éclairer, guérir, ressusciter les âmes!- » L'Évangile était toujours ouvert sur sa table. « Aussi bien, écrivait en 1872 1e P. Adolphe Perraud, dirai-je que je n'ai jamais connu aucun homme, qui ait, au même degré que le P. Gratry, vécu dans un commerce plus intime avec l'Évangile, c'est-à-dire avec l'histoire, la doctrine, les paroles, les sentiments, la personne, le cœur même de N.-S. Jésus-Christ... Il s'était fait chez lui une véritable assimilation entre ses pensées et les pensées du Sauveur. Il n'y avait pas une seule question sur laquelle les idées du Verbe incarné ne lui lussent aussi présentes que les siennes propres ^. »
Ce ne pas sont seulement ses idées, mais les fibres les plus cachées de son cœur qu'il veut tout à Dieu. Comme les hommes intérieurs, il descend souvent au fond de lui-même, il s'examine à la clarté d'en haut et se juge avec une sévérité touchante. A propos de ces paroles du Sauveur, adressées à Pierre lui-même : « Retirez-
1. Cité par M. Emile Faguet clans sa belle étude sur Flaubert, p. 24.
2. Allocutioa prononcée au service anniversaire, par le P. Adolphe Perraud.