Mois de Marie, p
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viteur des hommes, un ouvrier de Dieu? Sauriez-vous suivre, avec une clairvoyance imperturbable, avec une indomptable résolution, le but humain, l'œuvre de Dieu?
« Quels que soient votre état ou votre âge, votre richesse ou votre pauvreté, votre ignorance ou votre science, vous pouvez, si vous avez un cœur vivant, vous pouvez concevoir la royale et divine ambition de mettre dans les destinées du monde votre poids de justice et de bonté i. »
C'est ainsi qu'il parlait à des jeunes gens de vingt ans, instruits, chrétiens, quelquefois riches et libres d'euxmêmes, disposant de leur temps et de leur vie. C'est ainsi qu'il les éveillait et les excitait.
Quant aux autres, quant à ceux qui veulent faire de la vie une partie de plaisir, qui ferment leur esprit et leur cœur à toute idée de devoir et de sacrifice, il essayait de les remuer par des apostrophes pathétiques :
« Vous qui êtes riches, et qui n'avez jusqu'ici vécu que pour jouir, qui perdez votre vie dans l'immoralité, dans l'inutiHté, je vous le demande, est-ce là le rôle que, définitivement et après réflexion, vous acceptez? Vous mettre, pour vous garantir, derrière la masse qui combat et qui meurt? Lorsqu'il y a une guerre, vous êtes les premiers au danger; vous êtes braves, vous êtes généreux, vous êtes courageux, vous êtes nobles. Mais alors, pourquoi vous enfouir dans la honte, la désertion, la trahison, quand il s'agit de cette milice universelle et nécessaire qui est la vie-? »
Ces appels éloquents étaient entendus. Que de jeunes gens se sont levés à cette voix, et ont compris qu'aimer Dieu par-dessus toutes choses, aimer tous les hommes comme soi-même, donner son cœur, son àme, son esprit et ses forces pour rendre les hommes meilleurs ci plus heureux, c'était la loi, et c'était vraiment la vie. Il en