‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 184 sur 263 · Sources, p · texte numérisé non relu

Sources, p

i. Id., p. 282.

est venu de l'École normale, nous l'avons vu; il en est venu des milieux les plus divers. Les uns se sont faits prêtres, tels que Adolphe Perraud, Cambier, Barnave, Lescœur, Perreyve, à qui le P. Gratry a consacré un livre si élevé et si plein des plus touchantes effusions ; les autres ont été dans le monde de vaillants chrétiens et des apôtres, et ils sont légion.

Alfred Tonnelle était de ceux-ci.

C'était pour lui d'abord et pour ceux qui lui ressemblent, que fat écrit, à la fin de la Logique, le chapitre au titre si poétique et si expressif : Les Sources. « Vrai chefd'œuvre de pensée et de style » i, que de bien il a fait et continue de faire ! A combien d'âmes généreuses il a ouvert les horizons supérieurs! Que de hautes pensées, de nobles élans, de fortes résolutions il a suscitées ! Sans doute, ces conseils si élevés et si virils ne s'adressent pas à tous. Il faut être un esprit rare et privilégié, un cœur encore plus privilégié pour les accepter, pour s'enfermer volontairement dans le silence, la solitude et le travail et, par là, se mettre en mesure d'éclairer les hommes et de leur faire du bien.

Alfred Tonnelle, belle intelligence, âme d'élite, maître de son temps et d'une fortune considérable, fut transporté de la grandeur morale du rôle qui lui était proposé. « Il avait tout, a dit le P. Gratry lui-même. Sans parler du trésor de la foi, conservé à travers le dangereux passage de la jeunesse, son esprit était préparé dans tous les sens. Aux plus brillantes études classiques, joindre la pleine et entière possession de deux langues vivantes, l'allemand et l'anglais, et ajouter à cette richesse littéraire un goût et un talent musical très exercés ; certes, c'était là un magnifique début dans la vie

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