‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 188 sur 263 · Ms' Dechamps, Oraison funèbre de La Moricière · texte numérisé non relu

Ms' Dechamps, Oraison funèbre de La Moricière

choses du point de vue où on les voit ce qu'elles sont. * » Cette belle âme, altérée de vérité, ne pouvait mieux s'adresser pour trouver la lumière. On a dit et répété que le P. Gratry écrivit à cette occasion, et directement à l'intention de La Moricière, la Philosophie du Credo. C'est une erreur. Le livre était fait dès 1848. Le cardinal Dechamps affirme en avoir lu le manuscrit dès cette époque, et avoir décidé l'auteur à l'imprimer plus tard. Mais il n'en est pas moins vrai que cette « conversation entre un prêtre et un homme instruit » , ce dialogue souple et familier, riche d'aperçus profonds, cette exposition claire et vivante, en langage contemporain, de la doctrine catholique , semblait faite exprès pour un esprit droit, élevé, et « qui n'avait point péché contre la lumière ». Le général en fut saisi. « Qu'est-ce que la religion catholique? Qu'est-ce que la théologie? » demandait-il. Le manuscrit qui lui fut envoyé répondait à ces questions. Il le lut et le relut pendant deux mois, « il en discuta toutes les pages avec l'admirable P. Dechamps pendant environ vingt séances de deux à trois heures. Le P. Dechamps ne savait pas assez faire l'éloge de la ténacité et de la loyauté intellectuelle du général. Après une étude opiniâtre, celui-ci déclara enfin qu'il était chrétien convaincu, qu'il était chrétien catholique et acceptait toutes les conséquences pratiques de la foi ~ » . D'après d'autres témoignages, les choses n'allèrent pas si vite, et cette étude ne fut qu'une préparation. La Moricière s'était rendu compte, et c'était beaucoup, qu'il était sur la voie de la solution cherchée. Il ne cessa, à partir de ce moment, de s'acheminer vers le port qui venait de lui être montré. Les sermons du P. Decham])s l'y amenèrent définitivement et achevèrent cette belle conquête 3.

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