Id., Ibid., p
matiques, si peu affirmatif, qui se voit pris de si court. « Je l'ignore, dit-il au visiteur en souriant, mais j'incline à le croire. » — « C'est aussi mon sentiment, » dit vivement le P. Gratry, et il se retire , emportant le doute de M. Poinsot comme un commencement de preuve. Déjà, sans doute, dans ses poétiques spéculations sur l'humanité, il avait donné un rôle actif aux planètes i. » A quelque temps de là, le P. Gratry rencontrait M. Joseph Bertrand : « Poinsot, lui disait-il, est un grand esprit et d'une admirable éloquence -. «
11 était convaincu aussi que nous pouvions entrer « avec ces nobles frères » des autres mondes dans la sainte communion des âmes. « Quoi ! s'écriait-il, faisant allusion à une découverte récente, voici que les plus modestes des êtres, les métaux, se laissent voir à nos yeux, et se font reconnaître et nommer par leur nom sur la terre, saisis par notre science au milieu du rayon de lumière qui les a traversés, il y a trois cents ans peut-être. Se pourrait-il que, dans ces mêmes mondes, les plus nobles et les plus grands des êtres, les plus forts, les plus libres, qui pensent et veulent dans la foi et l'amour, se trouvent dans l'impuissance d'envoyer vers nous leur lumière et leur mouvement! Fénelon l'avait pressenti, et il disait: « Les « hommes se touchent en Dieu d'un bout du monde à (( l'autre. » Moi, je dis que les esprits se touchent d'un monde à l'autre, qu'ils se meuvent, se parlent et s'exhortent en Dieu, et que peut-être les étoiles, dont la lumière physique ne nous arrive qu'en trois mille ans, nous envoient instantanément la lumière des esprits, l'ardeur des âmes, la vibration des volontés ^. »
A ces idées se rattachaient ses spéculations sur l'avenir de l'humanité. Elles ne cessèrent de le poursuivre, même pendant les luttes du concile. Un jour, l'abbé Martin de Noirlieu, curé de Saint-Louis d'Antin, l'avait invité