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Le P. Gralry. Ses derniers jours

412 LE PEUE GRATRY.

Voilà bien l'élan naturel de cette âme généreuse , si brillante et si française , prompte à la pitié , toujours en avant, cœur ouvert et bourse ouverte! Elle faisait les grandes choses simplement, parce qu'il ne lui en coûtait point de les faire !

Quatre jours avant sa mort, les mêmes préoccupations le poursuivaient, et se traduisaient par des mots à peine articulés devant la personne qui le soignait avec un si grand dévouement : « la France!... la France!... » Mon Père, lui répondait cet ange gardien, la France ne périra pas. Elle a de trop bons serviteurs. Elle se relèvera. » Le malade témoignait par un signe expressif du bien que lui faisait cette réponse; <( puis, imprimant un petit mouvement d'arrière à son fauteuil, il se tourna vers les montagnes de la Savoie , toutes brillantes de neige et dorées par le soleil levant, et une expression de sérénité, d'espoir et d'enthousiasme illumina son visage^ ».

Mais le grand attrait de cette nature exquise et cordiale , c'était sa charité. Il était profondément aimant. '.t 11 faut apprendre à aimer tous les hommes, disait-il, sans espérance de retour, à se verser, ainsi que notre Père céleste, sur les méchants, comme sur les bons, à soulager les plus malades, à secourir les plus ingrats^. » Ces dispositions habituelles à la tendresse et à la compassion, vivifiées par les inspirations d'une foi profonde, font les vrais consolateurs. Le P. Gratry excellait dans l'art délicat de relever ceux qui souffrent, de réveiller chez eux les motifs d'action qui donnent du prix à la vie et qui rendent à une âme le ressort et l'élan chrétien. Quand l'un de ses disciples, M. Félix Nourrisson, perdit son père, il lui écrivit cette lettre admirable (30 mars 1851) :

<( Mon bien cher ami, Je reçois à l'instant la nouvelle du malheur qui vous frappe, — et voici ce que j'ai à vous en dire. 11 faut d'abord, quoi qu'il soit arrivé, vous confier beaucoup en la bonté de Dieu.

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