‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 22 sur 263 · Sources, 2° partie, p · texte numérisé non relu

Sources, 2° partie, p

LE l'ÈRE GRATRV. 2

Si pénétrante fut cotte prière qu'une réponse se fit entendre au dedans, confuse et indistincte encore. C'était le sentiment, pour ainsi dire infaillible, qull y avait une vérité, que cette vérité était belle, bienfaisante et répondait à tout. « Je la chercherai, dit-il, je la connaîtrai, et ma vie lui appartient ^ . »

En une heure, l'enfant était devenu un homme.

La transformation pratique ne commence pas immédiatement. Mais, le germe en est jeté. Le moment venu, il se développera et mûrira. Il n'attend plus que la rosée d'en haut et le rayon de soleil. L'un et l'autre lui viendront du christianisme.

Pour le moment, le jeune Gratry va traverser pendant quelques mois une sorte de période intermédiaire, qu'il a analysée et décrite plus tard, lorsqu'il était directeur du collège Stanislas. Il sort du déisme creux et négatif, qui mène à l'athéisme, pour entrer dans le déisme sincère et positif, qui, selon lui, mène au catholicisme, (( Je ne pouvais encore souffrir aucune forme concrète de religion; dit-il. Je repoussais avec dégoût tout culte défini comme un obstacle à la lumière vraie, universelle... Je repoussais surtout comme absolument fausse et subversive toute idée d'une sphère rehgieuse, d'un ordre de choses religieux, qui pût être distinct de l'ordre vulgaire et naturel des choses'. »

Il allait bientôt se rendre compte qu'il se trompait.

L'année suivante, en effet, survint dans la pension un nouveau maître d'étude, esprit distingué, lauréat du concours général en philosophie, âme élevée et profondément chrétienne. Sa parole avait un accent de noblesse, de conviction et de foi qui tranchait singulièrement sur les banalités et les sottises des conversations ordinaires. Le jeune Gratry se sentit aussitôt attiré vers cette nature d'élite. Tout ce qu'il entendait de cotte bouche allait à l'élever au-dessus des mesquines et bourgeoises préoc-

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