‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 230 sur 263 · Lettre du H lévrier · texte numérisé non relu

Lettre du H lévrier

et de mensonge, qui atteindront à leurs yeux la Papauté et l'Église, malgré vos trop insuffisantes réserves ! Il y a là un très grand malheur ; c'est évident, et votre cœur le sent très vivement , je n'en doute pas. Mais il y aussi un très grand tort ; car, ces modifications du bréviaire peuvent s'expliquer autrement que par la fourberie. Je pense que vous en êtes convaincu maintenant, après avoir lu le travail de M. de Margerie et celui de Dom Guéranger... Enfin, mon cher et vénéré Père, déclarez nettement, la première fois que vous parlerez en public , que vous croyez à l'infaillibilité du Pape et des évêques réunis et non pas à la vôtre, et qu'en conséquence, vous adhérez d'avance à tout ce que le concile du Vatican décidera ^ . »

On ne sait ce qu'on doit le plus admirer dans ce courageux langage, de la franchise des reproches, de la sûreté du jugement ou de l'affection qui l'inspire.

Quand on n'hésite pas à dire à ses amis de pénibles vérités, on est plus fort ensuite et plus autorisé à les défendre. Le P. Pététot, tout impatient qu'il fût de rompre un silence qui lui pesait et qui étonnait, attendait l'effet de ces appels et de ces remontrances du P. Mariote; il se plaisait à espérer qu'elles rendraient inutile son intervention publique. Malheureusement, le P. Gratry. possédé par son idée fixe, n'entendait plus rien et poussait toujours plus avant. Alors éclata dans VUnwers la lettre de blâme, citée plus haut. Cette censure officielle du Supérieur général n'empêcha point la quatrième brochure sur le Concile de paraître six semaines après. Audessous du nom de l'auteur, figurait encore la mention : Prêtre de l'Oratoire. A cette fois, le P. Mariote comprit qu'il n'y avait plus rien à faire. Le sort en était jeté. N'écoutant que son devoir, il n'hésita plus, et malgré ce qu'il en pouvait coûter à son amitié si délicate, il fut, lui aussi, après beaucoup d'autres, d'avis que le P. Gratry devait être invité à donner sa démission. C'est, en efiet,

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