‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 234 sur 263 · Id., Ibid · texte numérisé non relu

Id., Ibid

LES DliRNIERS TEMPS. — LA MORT. 455

grande charité de déclarer officiellement sa soumission. Ce fut donc une joie générale, quand, le 21 septembre, une lettre fort explicite et consolante, adressée à M. l'abbé Méric, parut dans V Univers et mit fin à Fincertitude de l'opinion.

Peu de temps après, comme M. Legouvé avait, en pleine Académie, exprimé son étonnement d'un changement d'attitude qui lui paraissait une contradiction, le P. Gratry lui expliqua sa conduite avec une netteté parfaite :

... « Lorsque l'ère de la polémique était ouverte dans l'Église, j'ai ■combattu selon ma conscience et mon droit ; vous m'avez approuvé, €t j'en étais heureux. Maintenant que la décision est intervenue, vous m'approuverez de m'y soumettre, j'en suis certain.

« Que feraient aujourd'hui saint François de Sales, saint Vincent de Paul, Fénelon et Bossuet? Vous le savez, nous le savons tous; aucun d'eux n'aurait un instant la pensée de se séparer de l'Église.

« Cette pensée, vous êtes bien assuré que je ne l'ai pas Dès que

je reconnais une erreur, je l'efface et je ne m'en sens pas humilié *. »

Enfin, quand M*^' Guibert, transféré de l'archevêché de Tours à celui de Paris, eut pris possession de son siège, le P. Gratry s'empressa de lui écrire, le 25 novembre :

« Monseigneur,

« Si je n'étais fort malade et incapable d'écrireune lettre, je vous aurais déjà, depuis bien des jours, adressé mon hommage de bienvenue.

«Je veux du moins aujourd'hui, Monseigneur, vous dire simplement ce qui, ce me semble, n'avait pas même besoin d'être dit, savoir que j'accepte, comme tous mes frères dans le sacerdoce, les décrets du Concile du Vatican. Tout ce que, sur ce sujet, avant la décision, j'ai pu écrire de contraire aux décrets, je l'efface.

« Veuillez, Monseigneur, m'envoyer votre bénédiction et prier pour moi.

« A. Gratry,

« Prêtre du diocèse de Paris, »

« Cette lettre, écrite avec fatigue physique, me paraissait bien brève, bien sèche et presque digne de reproches, disait le pauvre malade à l'un de ses amis. Mais

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