‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 238 sur 263 · Les derniers jours du P. Uralry · texte numérisé non relu

Les derniers jours du P. Uralry

nier. Je suis descendu dans l'appartement de maître, puis descendu encore, et maintenant, me voici à la cave... au souterrain... au cachot... oui, au cachot, au souterrain, au caveau, au tomheau!

« Dans les premiers temps de ma maladie, lorsque j'ai commence à voir la mort probable, j'ai dit à Dieu : « Je remets tout entre vos mains, je ne m'inquiéterai de rien. » Mais voici que depuis que le danger s'est rapproché, depuis que je vois la mort de plus en plus probable, je tiens davantage à la vie, je sens un grand goût pour la vie! C'est que, depuis quelque temps, j'ai des idées si grandes, si pratiques, j'ai tant d'espérances!... Oui, depuis quelque temps, je me suis fortifié à un tel degré dans mes convictions et dans mes espérances! Si j'avais seulement encore la force d'écrire ces choses! Mais cela ne fait pas qu'on guérisse, » ajoutait-il de lui-même avec un accent de découragement*. »

<c Je suis brisé de cœur, d'àme et de corps, » s'écriait-il le 11 janvier.

Dans ce mois d'agonie, Dieu lui ménagea de sensibles consolations. Sa sœur, iM'"^ Lustreman, arriva le 4 avec son mari; le P. Charles Perraud vint le 17, et le P. Adolphe le 30, huit jours avant la mort. Le pauvre malade éprouva une vive joie de la présence de ces chères afl'ections. Mais il eut peur que la famille Mohler ne crût devoir se retirer. Il la suppHa de ne pas l'abandonner, de continuer près de lui sa mission de charité, mission qui lui était aussi nécessaire que jamais, disait-il. >!■"* et M'"' Mohler n'ont cessé de le veiller, pour ainsi dire, jour et nuit, pendant près de quatre mois; avec un tendre respect et un dévouement incomparable elles allèrent jusqu'au bout de leurs forces. Le Père leur en était profondément reconnaissant, et il le témoignait de mille manières délicates. Un jour, conmie il ne pouvait plus parler, il prit une feuille de papier à lettre, y traça quelques mots et les tendit à M"*" Mohler, en lui disant : > Gardez cela pour vous, mon enfant. » Il avait écrit : « Quand un bon cœur voit soullrir, il devient tout bon. » Un autre jour que ces Dames avaient prié de toute leur Ame pour l'adoucissement de ses cruelles souiiVances. le Père s'en aperçut sans qu'aucun signe extérieur le lui

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