‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 29 sur 263 · Apocal, XX · texte numérisé non relu

Apocal, XX

la Jérusalem nouvelle , descendre du ciel et envoyée de Dieu. Le bel hymne de l'Église revient également à sa mémoire :

Cœlestis uj'bs Jérusalem, Beata pacis visio^.

« Jérusalem ! cité céleste! 0 bienheureuse vision de paix! » « Oui, ce que Dieu me donnait, dit-il, c'était une bienlieureuse vision de paix. C'était comme l'intelligence, et comme la vue des biens que l'Église de Dieu, la nouvelle Jérusalem descendue du ciel sur la terre, pourrait répandre sur le monde, si les peuples lui obéissaient. Mon cœur et ma raison, mon àme, mon imagination, je dirais prt^sque mes yeux voyaient, sentaient, aimaient, comprenaient ce spectacle. Cette ville était devant moi comme vivante, pendant des mois entiers. L'impression en fut encore très forte et très fréquente pendant bien des années, et, du reste, elle n'a cessé de faire comme le fond de ma vie, de mes idées et de mes sentiments. J'élève toujours mes regards vers cette bienheureuse ville, pour comprendre la vie, la mort, le monde, l'Église, l'avenir -. »

Ainsi, une véritable résurrection s'était accompUe, dont cette belle vision était comme le signe et le symbole. La santé, l'entrain et l'allégresse étaient revenus à la fois avec l'amour des hommes, avec l'immense désir de les secourir et de les consoler.

Ce drame intérieur échappa à l'observation des camarades. Gratry passait inaperçu au milieu d'eux, bon, aimable, sympathique à tous, mais volontiers silencieux et réservé. Tel est le témoignage de deux de ses compagnons les plus intimes. Le Play et le comte Daru. « Us n'ont su que bien plus tard, dit Vitet, et par les ouvrages de leur ami, la crise nouvelle que le penseur eut à subir, la nouvelle vision qui enchanta les regards du poète ^. »

Cependant, les questions religieuses étaient souvent agitées dans ce milieu si mêlé. Elles étaient la grande préoccupation de Gratry, et il ne le dissimulait pas. H ne mettait pas son drapeau dans sa poche. « Si quel-

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