‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 47 sur 263 · Les Sources · texte numérisé non relu

Les Sources

dans laquelle nous voudrions conduire quelques esprits.

u Par lui seulement peuvent se préparer des savants ; par lui peut naître dans l'esprit des jeunes gens le goût de la science, le plus grand bienfait de l'éducation après le goût et l'habitude du bien K »

Cette idée de la science comparée, qui sera une des trois idées maîtresses du P. Gratry, était déjà, on le voit, sa lumière directrice dans le travail d'organisation si délicat qu'il avait entrepris. L'application n'en était pas toujours facile, et elle l'est de moins en moins parmi les programmes surchargés qu'il faut, dans un temps très limité, faire dévorer à de jeunes intelligences. Si, par la faute des circonstances, ces vues ne sont pas aisément réalisables, on n'en saurait contester ni la justesse, ni la fécondité. Elles témoignent d'une connaissance des besoins de l'esprit et d'une clairvoyance éducatrice qui n'appartiennent qu'aux hommes supérieurs.

Le succès d'une telle École préparatoire était certain. Il fut rapide. Une année après la fondation, elle comptait déjà quarante-deux élèves; et depuis, on sait combien elle est devenue florissante et quel lustre elle n'a cessé de jeter sur le collège Stanislas. Cette brillante fortune ne saurait s'expliquer par la seule excellence de l'enseignement qui de tout temps y fut donné. Elle suppose une vie religieuse et morale, faute de laquelle l'institution est condamnée fatalement à végéter et à dépérir. L'abbé Gratry le savait. Éminemment prêtre, il entendait avant tout faire œuvre chrétienne. Tout élément étranger à cette conception était délibérément écarté ou éliminé comme un danger de ruine. Sur ce point, sa pensée n'a pas varié, et, dès le début, il l'a déclarée avec une netteté et une fermeté qui inspiraient toute confiance : « De même, disait-il, que Platon avait cru devoir écrire au frontispice de son école : Nul n'entre ici, s'il ne sait la géométrie ; nous croyons, nous, devoir écrire au frontispice de notre école de géométrie : Nul n'entre ici, s'il

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