‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 49 sur 263 · Le Collège Stanislas, p. Î · texte numérisé non relu

Le Collège Stanislas, p. Î

mantiques, engagée depuis une dizaine d'années, touchait à sa fin. De part et. d'autre, on bataillait encore et on tirait les dernières cartouches. Il y avait de l'agitation dans l'air et de la passion dans les esprits. Les échos du combat se prolongeaient dans les collèges et y dcchainaient la fièvre belliqueuse. Les jeunes gens se déclaraient naturellement avec fougue pour la jeune école. « A Stanislas, on ne partagea ni cet engouement pour le présent, ni ce dédain superbe pour le passé. M. Gratry était trop bon écrivain lui-même pour donner dans toutes les exagérations du romantisme ; mais il était trop de son temps aussi pour ne pas sentir le souffle nouveau qui rajeunissait notre littérature. Il sut garder une juste mesure et maintenir le goût classique ^ . »

« Notre enseignement littéraire, disait-il, est dirigé par des doctrines bien arrêtées. Nous voulons établir une barrière entre l'esprit de nos élèves et la contagion du faux goût. L'absence de pureté, de précision et de logique, l'exaltation mauvaise du style et le dérèglement de la pensée, cet ensemble de défauts régnants, enivre et pervertit les jeunes esprits, détruit le talent dans son germe, attaque la raison même, et réagit jusque sur le caractère et sur le cœur. Nous cherchons à nous renfermer dans les plus purs modèles, à y puiser, par une sérieuse étude, les qualités solides, fondamentales et nécessaires sans lesquelles il n'y eut jamais ni éloquence, ni poésie. Le ton et la couleur du siècle viendront plus tard. En attendant, ce goiit sévère, ce culte vrai de la parole dans sa beauté de tous les temps et dans sa dignité, épure l'esprit, dirige les facultés, prépare l'intelligence à la lumière et dispose l'âme au bien. Les lettres deviennent alors le moyen de former des hommes "-. »

Dans l'enseignement philosophique, l'abbé Gratry avait également des idées personnelles qni ne tendaient à rien moins qu'à le renouveler et à le transformer. Ces idées, qu'il exposera plus tard avec tant d'éclat dans ses ouvrages, seront étudiées plus loin. Elles se résument au mot célèbre de Bossuet : « Malheur à la connaissance stérile qui ne se tourne pas à aimer et qui se trahit ellemême! » Selon lui, la philosophie n'est pas seulement

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