Papiers inédits
chose si rare et qui est presque une habitude de méditation et de prière, puis le talent de parler et d'écrire pour servir Dieu et pour le faire connaître, puis la science humaine, pour l'employer, comme faisait Bossuet, au service de la foi '. »
Assurément, le directeur d'un collège en détresse qui , parmi ses multiples et absorbantes préoccupations, concevait un pareil projet et prenait les moyens de le réaliser, n'était pas unhomme de taille ordinaire. Il savait s'élever au-dessus de la poussière des petits faits journaliers, voir de haut et de loin le bien de l'Église et des âmes. Il faisait preuve aussi de clairvoyance patriotique, lorsque, au plus fort de la lutte entre l'épiscopat et l'Université, il planait, avec le drapeau de la Hberté, audessus des partis, invoquant avant tout les intérêts de la France, qui n'a pas trop de toutes les forces réunies de l'Université et du clergé pour fortifier l'enseignement, améliorer et renouveler l'éducation.
Tels étaient les grands desseins de l'abbé Gratry. Il n'eut pas le temps de les mener à terme. Malgré des efforts héroïques pour relever la discipline, qui avait fléchi sous son prédécesseur au point d'être très compromise, il n'arriva point aux résultats espérés. Ce ne fut pourtant pas faute de sacrifices. Les externes, dont les libres allures échappaient au contrôle , exerçaient une fâcheuse influence sur les internes : il n'hésita pas à les supprimer radicalement. Il alla plus loin. Il y a dans toutes les classes des non- valeurs, des caractères et des esprits qu'aucun soin, aucune méthode ne peuvent assouplir ou débrouiller. Ils arrêtent l'élan général par une surcharge d'indiscipline et de paresse, et contribuent à faire prévaloir dans la masse l'apathie, l'esprit de turbulence et de désordre. L'abbé Gratry prit le parti de les