‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 56 sur 263 · Rietler. Id., Ibid · texte numérisé non relu

Rietler. Id., Ibid

C'étaient entre les deux camps des joutes interminables sur tous les terrains, philosophique, poUtique et religieux. Les catholiques, n'ayant pas l'avantage du nombre, se concertèrent pour défcudre le drapeau commun. L'abbé Gratry les soutenait et les encourageait, indiquant les lectures à faire, résolvant les difficultés et se multipliant selon les nécessités de l'action. « Bref, il était vraiment le général de ce petit bataillon de catholiques appelé à descendre tous les jours sur le terrain des discussions religieuses, attaqué souvent de tous les côtés à la fois et obligé de faire front de toutes parts i. »

Finalement, en 1851 , le mouvement naturel des choses mit aux prises l'abbé Gratry et M. Vacherot. L'opposition des idées qu'ils représentaient éclata dans un débat public, dans une sorte de duel émouvant où, de part et d'autre, il fut fait preuve de beaucoup de vigueur et de talent. La question de savoir si le christianisme est d'origine révélée ou simplement le fruit de la philosophie grecque passionnait les esprits, et on peut dire que l'intérêt n'en a pas vieilli ! Aussi, quand se produisit le corps à corps brûlant et acharné entre le directeur des études et l'aumônier, la surexcitation fut-elle au comble. Tous les jeunes gens de l'École, depuis longtemps au courant de la controverse par les conférences du premier et par les allusions du second, également animés, prirent feu de plus en plus et se mêlèrent au combat. Ce fut bientôt une mêlée générale autour des deux chefs.

Ces deux chefs étaient, dans la pleine acception du terme, deux maîtres, deux maîtres très estinxés et très aimés ; deux belles intelligences, habituées aux sommets de la pensée ; deux natures nobles, généreuses, méditatives, éprises d'idéal.

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