‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 58 sur 263 · Cardinal Peiiaud. Les dernières jours du P. Orutry · texte numérisé non relu

Cardinal Peiiaud. Les dernières jours du P. Orutry

3. H. Taine. Les philosophes classiques du .\ L\' siècle en France. Por trait de M. Paul.

notaient une âme absorbée par la passion de la métaphysique. Elle le possédait tout entier. Plongé dans les spéculations hégéliennes, on peut dire qu'il s'y perdait. Quand il abordait une idée, ce n'était pas pour tourner autour, pour l'effleurer, pour s'en jouer. « Quelle qu'elle soit, disait Taine, il s'y abat de toute sa force, pénètre jusqu'au fond, y travaille à coups de définitions et de di\dsions, comme s'il s'agissait de percer un roc métaphysique... C'était un philosophe rigide dans ses dogmes comme une chaîne de théorèmes ou comme un barre d'acier 1. >; Le trait est à retenir : il exphque bien des erreurs. Mais, dans les relations de la vie, l'homme était bienveillant et bon, « le plus conciliant du monde et presque timide- ». Ame aimante et enseignante, comme l'appelait Cousin, il était libéral et indulgent avec les jeunes gens. Jamais directeur d'études n'obtint et ne mérita mieux par la sûreté et l'agrément de son commerce, comme par l'élévation de son enseignement, la confiance et l'affection de ses élèves. « Tout, écrit M. Gréard, jusqu'à ce profil de médaille antique, qui donnait à sa physionomie tant de distinction, contribuait à nous faire voir en lui une image de la vertu au temps de Marc-Aurèle '^ » On comprend que de pareils maîtres soient suivis de leurs disciples dans les luttes où ils s'engagent. Et c'est ainsi qu'un combat singulier s'étendit peu à peu et devint finalement presque une bataille.

La question en cause agita d'autant plus vite l'opinion, qu'elle n'était pas nouvelle. M. Vacherot n'inventait pas, en effet, la thèse qu'il soutint. Elle était, depuis longtemps déjà, celle de toutes les écoles du rationalisme contemporain. Sans remonter au delà du siècle présent, Hegel, qui l'empruntait à Mosheim, l'avait vulgarisée en Allemagne, où il avait enseigné, sans preuves d'ailleurs,

1. H. Taine. Les philosophes classiques du XIX'' siècle en France. Portrait de iM. Paul.

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