Discours prononcé à Besançon, mars
binaisons logiques pût être ainsi troublée. Mais il ne s'empressait pas moins de la corriger. Un jour, il s'était étrangement mépris sur un passage de saint Jean Damascène. Il fait appeler Cambier : (( Mon ami, lui dit-il, c'est vous sans doute qui aviez copié le texte de saint Jean Damascène que Taine m'a apporté ce matin? — Oui, mais je l'ai copié sur une autre copie. — En répondez-vous? — J'en réponds. Car il vient de M. Gratry qui l'a copié lui-même ponctuellement à Sainte-Geneviève. — Eh bien ! . . . vous avez raison, mon ami, votre traduction est exacte, c'est moi qui me suis trompé. Je n'avais pas vu tout ce qui précédait. Mais je ne veux pas laisser dans mon livre une erreur si capitale. Je ferai reprendre tous les exemplaires qui sont donnés ou vendus; je ferai changer les deux pages : dût cela me coûter 3.000 francs, je le ferai. » Et il le ûi. Mais l'erreur ôtée de la préface, remarque M. OUé-Laprune , se retrouve dans le volume, page 40, dans une phrase que ce texte mal compris inspire et appuie. Le P. Gratry ne manqua pas de la signaler 1. Ainsi M. Vacherot, par les lacunes de sa belle intelligence comme par le point de départ de sa thèse, se trouvait doublement exposé à l'erreur.
En outre, il faut bien le reconnaître, si instruit qu'il fût, il n'était pas suffisamment préparé à traiter une question aussi complexe et aussi étendue. Elle suppose, en effet, non seulement la connaissance approfondie de la philosophie alexandrine, mais celle de l'Ecriture sainte, celle des Pères et même celle de la théologie : car les Pères anténicéens ont souvent besoin d'être expliqués ou même redressés. Or, M. Vacherot avouait lui-môme que <( l'étude des Pères est une grande étude, qu'il ne les avait pas tous lus, il s'en faut, surtout les Pères grecs, qu'il trouvait trop longs et trop peu intéressants^ ». Sa culture générale était, à cet égard, très incomplète et superficielle. Il ignorait la théologie. Pour étayer sa thèse, il eût dû commencer, selon la remarque de l'abbé