Préface des Lettres sur la Religion
la doctrine hégélienne, qu'il ne tend à rien moins qu'à détruire la raison et le sens logique, qu'il se perd dans des inconséquences, des contradictions, des erreurs matérielles et textuelles de toute sorte. Cette première passe n'est pas favorable au philosophe. Il en sort blessé et meurtri. Le fond de la question est ensuite abordé. Le P. Gratry étudie l'état le plus récent des relations entre la religion et la science, en critique, en histoire, en morale, en physique, en psychologie. C'est comme une série de tableaux qui se déroulent aux yeux du lecteur, et qui le mettent à même de juger par lui-même si les derniers progrès des sciences sont pour ou contre la religion.
M. Vacherot y reçoit encore de rudes coups. Il avait eu le malheur d'écrire, contrairement aux faits que voit le monde entier, que « l'Église rabaisse la femme au rang d'un être inférieur, dans un langage dont on rougirait aujourd'hui ». Le P. Gratry le somme de citer « ces dures paroles de l'Église et d'indiquer ses sources. « Que signifie, lui dit-il, la note que je rencontre ici : « Voir la collection des Conciles et particulièrement le Concile de Trente! » Eh bien! Monsieur, je vous demande publiquement de nous montrer, dans la collection des Conciles, et particulièrement dans le Concile de Trente, l'Église rabaissant la femme au rang d'un être inférieur, et cela dans un langage dont on rougirait aujourd'hui *. »
M. Vacherot, fort embarrassé, reprend la fable d'un Concile de Mâcon discutant si les femmes ont une âme. Pure facétie, comme l'a démontré Gorini contre Henri Martin. M. Vacherot, poussé à bout, renvoie au xvi® canon du Concile, sans le citer. Or, le canon n'a pas le moindre rapport avec la fable qu'on ose reproduire. Quant au Concile de Trente, pas trace d'un texte qui se rattache à la question. M. Vacherot succombe ainsi sous l'énormité de ses affirmations sans preuve et de ses erreurs.
En ce qui concerne ses attaques contre la morale chrétienne, la réponse n'était pas moins facile et triomphante.