Logique, I, p
un millième de raison, s'il s'y trouve, pour l'adopter, le louer, s'en; servir, comme le chimiste, dans une masse quelconque, découvre un millième d'or; si l'on savait être toujours, avec science et lumière imperturbablement évangejique, doux comme l'agneau de Dieu, je suis convaincu qu'on ferait des miracles.
<( Il n'y a rien qui soit plus difficile, continuet-il, et cela touche à l'impossible. Il est facile de commencer avec une douceur embaumée. Dans les premiers discours, tout est suavité. Mais, quand viennent les contradictions, les inintelligences, les ignorances, les oppositions sans bonne foi, les négations aveugles et les passions farouches, alors on s'indigne, d'abord d'une indignation contenue, et puis d'une indignation qui éclate *. » '
Chez une nature aussi ardente que celle-là, entre la douceur chrétienne et la vivacité du tempérament, le conflit était, en effet, inévitable Si la douceur ne l'emporte pas toujours, si elle est parfois vaincue et dominée par l'impétuosité du premier mouvement, elle reprend peu à peu ses droits et sa maîtrise. A travers ces oscillations, la charité reste toujours l'idéal auquel aspire l'écrivain. Il y sera fidèle jusqu'au bout. Peu de temps avant sa mort, au souvenir dé ses luttes passées, il écrivait à l'un de ses amis : « Si jamais je faisais encore de la polémique, je voudrais absolument ne plus m'écarter en rien de l'idéal que j'ai eu souvent et dont j'ai parlé dans le volume de Henri Perreyve 2. »
S'il n'a pu le réaliser comme il l'aurait voulu, il demeure du moins acquis, toutes réserves faites à l'égard deses erreurs sur la question de l'infaillibilité, que par la vigueur de sa logique, par la trame serrée de son argumentation, par le mouvement et l'échit du style, il a été un jouteur d'une force et d'une habileté rares, en même temps que d'une courtoisie et d'une loyauté parfaites. Il mérite de prendre place, dans la discussion philosophique et religieuse, parmi les plus brillants apologistes et polémistes de ce siècle.
Henri Perreyve, p. 129-130.
Lettre inédile du 18 novembre 1871.