Lettre inédite à Louis Lescœur
2 Correspondance inédite avec M*' Dupanloup.
152 LE PERE GRATIIY.
lettres, belle intelligence et noble cœur, que le P. Gratry définissait d'un mot, « une perle* ».
D'autres vocations s'annonçaient, les unes restées plus tard en chemin, les autres devant prochainement aboutir, en particulier celle de Henri Perreyve, « dont l'extraordinaire distinction, disait le P. Gratry, éblouit tous ceux qui le rencontrent )>, et celle de Charles Perraud.
Le public était sympathique à la petite communauté. Tout semblait lui présager un rapide essor et une fortune prospère.
Ainsi donc, il se trouva « qu'un jour, avec une émotion profonde et une joie qui ne se peut décrire, ce groupe d'amis unis en Dieu prit possession de la terre promise, laquelle était un humble toit capable d'abriter sept personnes. Le rêve était réalisé, en son germe du moins. C'est là qu'ils allaient vivre ensemble, prier ensemble et travailler ensemble ^ ».
La fondation, si modeste qu'elle fût à son origine, n'en était pas moins une grosse entreprise. Il fallait pourvoir à la fois et immédiatement aux nécessités matérielles de l'installation et de l'existence, à l'organisation de la vie spirituelle et à celle des études théologiques.
La direction religieuse et morale revenait au P. Pététot. Ils'y dépensait sans compter, payant de sapersonne, entretenant l'esprit de foi et d'amour de Dieu par ses exemples, plus encore que par ses paroles. «. Le P. Supérieur devient saint à un degré qui m'effraie et m'humilie profondément, écrivait le P. Gratry en 1852. Il nous tient des discours inspirés par l'esprit de Dieu ^. »
Quant aux ressources financières indispensables, c'était un problème que de les trouver. Aucun des membres n'é-
1. Correspoadance inédite avecM»^ Dupanloup. Ces appréciations sont du P. Gratry.