Jouffroy, Ibid
science sans fin, ils étaient et seraient toujours enfants et commençants : humilité nécessaire et savante que doit donner la vraie philosophie, et qui dispose à la théologie, c'est-à-dire à la respectueuse méditation des données divines révélées, plus grandes que notre esprit, vérité dont on porte en soi la substance par la foi, mais dont l'intelligence ne peut épuiser le mystère ^ »
Ainsi, la pensée maîtresse du P. Gratry avait pris corps Un atelier d'apologétique scientifique, « une sorte de Port-Royal, moins le schisme et l'erreur », était fondé pour combattre la fausse science et le sophisme, pour propager la vérité chrétienne, pour élever sous les auspices de la raison et de la foi réconciliées, l'encyclopédie de la science totale. Le rêve de l'adolescent paraissait lui-même en voie de se réaliser. Dans ces jours printaniers de l'Oratoire renaissant, en effet, oiî une chaude atmosphère favorisait la germination des esprits, où la même sève généreuse montait dans tous ces cœurs, où chaque pensée et chaque âme a était comme un épi plein d'autres pensées et d'autres âmes », il semble que descendait du ciel sur la terre cette vision divine d'une cité de paix, d'une cité idéale où tous les habitants s'entendaient, s'aimaient et s' entr' aidaient comme des frères.