‹ Le père HeckerChapitre 24 sur 77 · XXXVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXVI PRÉFACE

concile du Vatican, et le temps est venu d'appeler la race saxonne à développer ses forces dans la vie intérieure de l'Église. »

' C'est strictement là le partage qu'on a fait, à l'aide de la science sociale, entre la formation communautaire, qui tend aux institutions extérieures et dont les Latins ont été la plus puissante production^ et la formation particulariste , qui tend au développement des forces personnelles et dont les Saxons sont les représentants. Que cette dernière race succède aujourd'hui dans le monde à l'hégé- . monie des Romains, qui s'était perpétuée jusqu'ici par les nations néo-latines, on n'ose plus guère le contester, mais le P. Ilecker a été le premier qui l'ait vu et dit si clairement. Décidément, son biographe a eu raison de l'affirmer, cet homme est ". universel, et non pas simplement un Américain du dix-neuvième siècle ; son regard embrasse toute l'histoire du christianisme dans l'espace et dans le temps.

Mais il ne s'intéresse pas seulement à l'Église acquise, à celle du passé et du présent; il contemple celle de Tavenir et fait le plan de ses conquêtes prochaines à travers le monde entier.

Sa vocation dominante a été d'amener au catholicisme ses compatriotes. Incrédules ou hérétiques, tous ceux du dehors sont l'objet de son zèle :

« Je voudrais, dit-il un jour à ses amis, ouvrir

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les portes de TÉglise aux rationalistes : elles me semblent fermées pour eux. Je sens que je suis le pionnier qui ouvrira la voie. » Il aurait voulu, suivant sa forte expression, abolir la douane et faciliter l'entrée de l'Église à tous ceux qui n'ont conservé que leur raison pour guide. Que cette originale façon de parler ne représentât, pour lui ni pour ses auditeurs, aucun amoindrissement de la doctrine révélée, il Ta fait assez voir par sa prédication assidue des dogmes, et notamment de la Trinité, de Flncarnation, de TEucharistie, de la Grâce, comme par tout ce qu'il a dit de l'autorité de l'Église et du Pape ; mais il pensait avec Ozanam que ce qu'il faut au siècle , c'est une croisade intellectuelle , et que sur bien des points les catholiques pourraient travailler plus efficacement à détruire les préjugés qui cachent à tant d'âmes, autour de nous, les beautés de la vraie foi.

Il n'est pas jusqu'au reste des plus anciennes races qui n'intéresse et n'émeuve sa grande âme d'apôtre. Écoutons ce qu'on nous raconte à propos de son voyage au Nil , et voyons quelles pensées assaillent en Orient cet Américain. « Les ruines merveilleuses des anciennes cités d'Egypte excitèrent son admiration Il s'intéressait vivement

aux Mahométans. Leur prière publique , la promptitude avec laquelle ils accueillent l'idée de Dieu et de l'Eternité , et par opposition leur stagnation

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