‹ Le père HeckerChapitre 39 sur 77 · INTRODUCTION. LVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LVII

d'attention aux choses abstraites; c'est le résultat qu'il considère dans la morale, et nous devons tenir compte de ce procédé de son esprit. L'Église est appelée aujourd'hui à faire davantage porter son action sur l'ordre naturel. Dieu me garde, — on voudrait peut-être m'en soupçonner, — de désirer que nous détournions, ne fût-ce qu'un instant, notre attention du côté surnaturel; c'est dans Tintérêt même de la cause surnaturelle que je parle. C'est avec les vertus naturelles, pratiquées dans toute la droiture du cœur et de l'esprit, qu'on fait les vertus surnaturelles. Chaque siècle a son idéal en fait de perfection chrétienne. Tantôt c'est le martyre, et tantôt l'humilité du cloître. Aujourd'hui il nous faut l'homme d'honneur chrétien et le citoyen chrétien. Que les catholiques donnent l'exemple d'un vote honnête et d'une bonne tenue sociale : ils feront plus pour la gloire de Dieu et le salut des âmes que s'ils se flagellaient la nuit, ou s'en allaient en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle.

Conformément à ces principes, tels que je viens de les exposer, le P. Hecker pensait que, s'il voulait réussir dans ses travaux pour les âmes , il y devait dépenser toute l'énergie naturelle dont Dieu l'avait doué; et il agissait en conséquence. Un bon vieux prêtre, qui disait fort bien son chapelet, mais n'avait pas son pareil pour faire le vide autour de sa

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