‹ Le père HeckerChapitre 40 sur 77 · LVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVIII INTRODUCTION

chaire, critiquait un jour devant moi le P. Hecker comme ayant, disait- il, trop de confiance dans l'homme et pas assez en Dieu. La piété du P. Ilecker, son assiduité à la prière, ses habitudes d'abnégation , le garantissent assez contre le reproche d'avoir manqué de confiance en Dieu. Mais mon vieux prêtre, — et c'est par dizaines de mille qu'il compte aujourd'hui, soit en Europe soit en Amérique, des imitateurs, — mon vieux prêtreavait une étonnante aptitude à voir dans tout exercice de l'énergie humaine un manque d'égard envers la Providence. Nous nous appuyons souvent sur Dieu bien plus que Dieu ne le désire, et il y a des cas où une neuvaine est un bon refuge pour la mollesse et le défaut de courage. Dieu nous a confié des talents naturels; ce n'est jamais avec sa permission que nous les enfermons dans le coin d'un mouchoir. Il ne va pas faire un miracle ou donner des grâces supplémentaires pour compenser notre insuffisance. Il faut agir comme si tout dépendait de nous, et prier comme si tout dépendait de Dieu.

Dieu n'a jamais voulu faire par un acte direct de sa divine puissance ce qui doit être fait dans l'Église et par elle. Il invite l'homme à agir avec lui et laisse un vaste champ à son initiative. Les siècles où l'homme a déployé la plus industrieuse activité dans les entreprises religieuses ont été ceux des

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