INTRODUCTION. LX
luait un ami et un allié en quiconque faisait du bien. Les murs de son église ou de son cloître n'ont jamais été pour lui la limite de l'Église de Jésus- Christ. Le choix même de son patron, saint Paul, révèle le feu dont brûlait son âme. Jamais il ne voulut, jamais il ne put demeurer inactif; et sur son lit de souffrance , où il demeura une grande partie de ses dernières années, il travaillait encore : il écrivait de remarquables articles, des livres puissants. Devenu incapable d'écrire , il dictait.
C'était un enthousiaste, et il se laissait empoigner par son œuvre , comme tous ceux qui y donnent leur cœur. Ces hommes-là n'ont pas le temps de chercher dans un nuage doré les dessous un peu noirs; ils prouvent, par des actes, que l'homme et Dieu, travaillant ensemble, réussissent toujours. L'enthousiasme appelle l'enthousiasme : c'est lui qui fait les « chefs »; c'est lui qui leur donne des armées. Un évêque qui était présent au second concile de Baltimore m'a raconté que, lorsque le P. Hecker parut devant les prélats assemblés pour emporter leur adhésion à l'apostolat de la presse catholique, il était vraiment inspiré, et que ses augustes auditeurs, pénétrés eux-mêmes du feu de la Pentecôte, croyaient déjà voir l'Amérique tout d'un coup convertie. Et c'est ce qui aurait eu lieu , s'il y avait eu en Amérique un nombre suffisant d'Isaac Hecker.