‹ Le père HeckerChapitre 57 sur 77 · CHAPITRE XIV Désirs d^une vie contemplative · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV Désirs d^une vie contemplative

M*' Mac Gloskey, depuis le premier cardinal américain, fut coadjuteur de M«' Hughes de 1844 à 1847. Il denieurait à la vieille cathédrale quand Isaac Hecker vint le voir pour la première fois. Dix ans à peine le séparaient du jeune catéchumène. Au moral , c'étaient des personnages bien différents. L'évêque , un homme de routine et de méthode , dénué de vues originales , était tel par tournure d'esprit naturelle , plutôt que par choix volontaire; mais il avait reçu une éducation supérieure, et c'était un orateur aussi agréable que saisissant. Ces divergences ne Tempêchèrent pas, après cependant une courte hésitation, d'apprécier Isaac Hecker à sa jus te valeur, ni même de l'aimer, de seconder ses. desseins , de le soutenir dans toutes ses difficultés. Fort éclairé en matière spirituelle et très maître de lui-même, il savait se rendre à la raison. Le Père Hecker, de son côté, admirait sincèrement Tévéque , et il profita de sa direction non seulement au début, mais dans tout le cours de leurs relations. Ce fut par M*'' Mac Gloskey que sa vocation fut sinon découverte, du moins sagement conduite. Brownson poussait le jeune

homme à se dévouer aux Allemands dans le pays même ; M^^ Hughes lui conseillait d'aller à Saint-Sulpice pour devenir prêtre séculier; Tévéque Mac Closkey lui dit de se faire religieux.

Jusque-là^ Tentourage d^lsaac avait été exclusivement protestant; en entrant dans TÉglise^ il se trouva immédiatement en contact avec ses fidèles et, pendant quelques années, il se borna exclusivement à leur société (i). Mais bien qu*emporté loin des Ripley, des Alcott, des Lane, des Emerson, et plus haut que les théories dont ils étaient les représentants , il avait appris à les connaître, eux et leurs enseignements, et il ne perdit jamais Tespoir de revenir vers eux pour leur porter un message catholique. Ses adieux à cette classe d'hommes ne détruisirent pas l'intérêt affectueux qu'il leur portait, et il ne cessa de les avoir présents dans son cœur. Il savait que, chez beaucoup d'entre eux , le caractère était digne de répondre à la pressante invitation de la Providence si l'apostolat pouvait les atteindre. Il croyait que c'était aux esprits de ce genre , ou plutôt à la multitude dont ils étaient comme les prophètes , que devait s'adresser tout d'abord l'envoyé du catholicisme.

Et cependant, si profonde que fût sa conviction à

(1) Dans l'ouvrage anglais, le P. EUiott consacre ici quelques pages aux relations du P. Hecker avec le Docteur Brownson. Il suffit d'indiquer ici au lecteur français que ces deux illustres convertis s'estimèrent toujours, mais que leur différence de tempérament ne tarda pas à les entraîner dans des voies où les rencontres devenaient nécessairement rares. L'influence de Brownson sur Hecker, profonde au début, ne dura donc pas.

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