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CHAPITRE XXIII La paroisse Pauliste et les missions

Dans le service des paroisses , les Paulistes, dirigés par le P. Hecker, s'efforcèrent d'utiliser les qualités individuelles de chacun de leurs membres en même temps que les ressources de la vie commune. La valeur personnelle eut le champ libre sans que Tunité d'esprit et d'action fût en rien compromise.

Le missionnaire fait un excellent prêtre de paroisse. Habitué à un travail pénible et à fort peu de distractions, il met toute son énergie au service de ses paroissiens. Il déploie un zèle infatigable pour la prédication la plus efficace, la visite des malades, la recherche des pécheurs obstinés et l'audition des confessions. D'un autre côté, la régularité des devoirs professionnels et la connaissance approfondie de l'état des choses dans une paroisse ajoutent à son expérience, et le rendent plus apte à exécuter ces entreprises personnelles lorsqu'il reprend ce que Pie IX appelait ses « expéditions apostoliques ».

Les missions, œuvre principale des Paulistes, furent poursuivies avec énergie depuis 1858 jusqu'à la fin de la guerre, en 1865. Quatre-vingt-huit missions avaient

eu lieu dans ce laps de temps ; des centaines de convertis avaient été reçus dans TÉglise, des confessions entendues par milliers. Malgré de nombreuses demandes, refusées faute de sujets, presque toutes les villes un peu considérables des États-Unis et du Canada connurent les Paulistes et eurent à se louer de leur passage. En avril 1865, la mort du P. Baker alourdit encore le fardeau déjà si pesant pour un si petit nombre de religieux , et les missions se trouvèrent presque interrompues jusqu'en 1872.

Les Paulistes dirigeaient et dirigent encore leurs missions dans le même esprit et d'après la même méthode que lorsqu'ils étaient Rédemptoristes : il est malaisé de faire mieux que saint Alphonse. Mais leur prédication se distinguait par de fréquents appels aux qualités et aux vertus particulières que Dieu attend de notre époque ; ils parlaient aussi souvent de l'énergie et de l'intelligence que des vertus proprement surnaturelles. On n'était pas seulement édiflé de leur zèle et de leur discipline religieuse; les plus observateurs se sentaient attirés par la liberté d'esprit particulière aux Paulistes et par leur application constante à mettre sous le contrôle de la raison les émotions que leur parole pouvait susciter. C'étaient des hommes d'une grande indépendance native, et leur influence religieuse était faite pour développer cette qualité chez les autres. Ils apportaient le plus grand soin aux instructions doctrinales. Quant aux dévotions spéciales, ils n'en recommandaient aucune et se contentaient d'aider les pasteurs dans le choix de ces moyens secondaires de sanctification. Les non-catholiques de toute

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