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LA PAROISSE PAULISTE ET LES MISSIONS

classe venaient entendre les missionnaires convertis, et la presse séculière leur accordait souvent une attention flatteuse.

Les Pères déclarèrent une guerre implacable au défaut capital de notre pays, l'ivrognerie, et à sa cause immédiate, le cabaret. Cette attitude des missionnaires devint une source d'anxiété pour les pauvres curés , la plupart élevés en Irlande. Ils étaient, certes, très aises du bien qui se faisait, mais ils regrettaient de voir leurs débitants de liqueurs exposés à des blâmes publics. On cite d'un curé cette parole : « Les seules gens qui aient regardé lamission de travers sont les plus notables de ma paroisse, les débitants derbum (1). »

Malgré tout, l'action des Paulistes contre le fléau de la boisson fut généralement approuvée par les prêtres et les prélats, par le public catholique et non catholique , par la presse séculière et même par la haute police de nos cités populeuses.

Dès que l'église des Paulistes fut ouverte , la communauté s'occupa d'en embellir les alentours. Le terrain resté libre fut disposé en jardin d'agrément planté d'arbustes et d'arbres fruitiers. Le bonheur du P. Hec-

(1) Dans les localités où les émigrants irlandais forment la majorité des catholiques, le cabaret, ou saloon, est le lieu où se traitent tous les sujets qui intéressent les émigrants , aussi bien lés questions relatives à la paroisse que les autres. Le cabaretier, qui est aussi épicier, est un peu plus lettré que ses clients ; il devient le conseiller et bientôt l'homme politique de la troupe. Nullement irréligieux , au contraire , il aide volontiers le prêtre , dans lequel il trouve la Yive incarnation de l'Irlande; et ce brave homme a bien de la peine à comprendre la guerre que le clergé déclare à son K petit commerce » de whisky et de gin.

ker était de surveiller ces travaux et d*y participer activement lorsque ses devoirs lui en laissaient le temps. L'endroit devint bientôt singulièrement attrayant, et, au bout de peu d'années, les ûdèles y affluèrent de tous les quartiers de la ville pour y faire leur pèlerinage du dimanche. Ils assistaient en grand nombre à la Messe ou aux Vêpres dans Téglise Saint- Paul, calme et paisible comme une église de campagne. Les résidents de la paroisse, peu nombreux, et à peu près tous de la classe ouvrière , s'attachèrent profondément à leurs pasteurs, et une sorte d'union idéale s'établit entre les prêtres et le peuple.

Presque tout le quartier était couvert de jardins maraîchers , entrecoupés de grosses masses de rochers et de groupes de cahutes. La plupart des paroissiens de cette époque vivaient dans ces demeures informes, d'un aspect bizarre et pittoresque, et dont ils étaient eux-mêmes les architectes et les constructeurs. Le terrain qu'occupaient les habitations de ces pionniers, et sur lequel erraient et folâtraient ensemble leurs chèvres, leurs chiens et leurs enfants, supporte maintenant des maisons de rapport ou de somptueuses résidences. Nous ne saurions dire si la grâce de Dieu y abonde davantage. Ceux qui entendirent le P. Hecker baptiser sa paroisse du nom de Cahuteville (Shantyopolis), n'ont jamais surpris chez lui le regret de n'avoir pour paroissiens que des simples et des pauvres.

Les sermons du dimanche, composés avec le plus grand soin et fort suivis , furent publiés en une série de sept volumes sous la direction du P. Hecker, un volume par année à partir de 1861 ; et, quoiqu'au dé-

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