LA PAROISSE PAULISTE ET LES MISSIONS
but on eût quelque inquiétude sur le succès de cette publication, elle fut très bien reçue des catholiques, et recherchée même des pasteurs protestants. Ces discours ont un caractère strictement paroissial ; ils sont brefs, d'un style familier, abondants en citations et en exemples tirés des Écritures et de la vie quotidienne. Le P. Hecker prêchait à son tour; bien que le recueil contienne peu de ses sermons , il fut évidemment Tinspirateur de ceux de ses Pères , comme il Tétait de leur zèle tout apostolique dans leurs devoirs de paroisse et de mission. Cette série fut suivie, quelques années plus tard^ de la publication de deux volumes de sermons dits de cinq minutesy contenant de courtes instructions pour les messes basses du dimanche.
Les Paulistes se firent remarquer par leur exactitude à suivre le rituel dans leurs offices publics, et par la splendeur qu'ils surent donner aux grandes fêtes de Tannée, en dépit de la simplicité de la construction et de la pénurie de leurs ressources. Le P. Hecker encouragea de tout temps le chant collectif des fidèles, et s'efforça de l'introduire dans son église. Modeste au début, ce chant s'améliora de jour en jour dans les exercices du carême et les réunions de sociétés , et arriva enfin à l'état florissant où il se maintient dans cette paroisse.
Le P. Hecker s'occupait constamment des enfants. Quel que fût le directeur de Técole du dimanche, à tous ses séjours dans la Communauté, il s'y rendait régulièrement, posant des questions, parlant aux maîtres et aux enfants , animant tout de son entrain et de ses encouragements.
Il était d'une exigence impitoyable pour la propreté et pour sa vertu corrélative, Tordre. Il ne dédaignait pas de se servir du torchon, de la brosse et du plumeau à rintérieur, de la bêche et du râteau dans le jardin; et ce trait prouve l'intérêt qu'il prenait à la bonne tenue , au confort même , dans tout ce qui regardait le presbytère et l'église.
Assidu à tous les devoirs paroissiaux, son œuvre de prédilection était le soulagement des pauvres. Ils affluaient chez lui de tous les quartiers populaires de la ville et se multipliaient hors de toute proportion avec l'accroissement progressif de la paroisse. Le P. Hecker organisa, pour leur venir en aide, une conférence de Saint-Vincent de Paul où il enrôla les meilleurs de ses paroissiens, il y prit lui-même une part active et énergique.
La mort du P. Baker fut, humainement parlant, une perte incalculable pour la Communauté et le grand événement des premières années. Le P. Hecker avait trouvé en lui aide et sympathie; il avait la plus haute idée de sa vertu, et il le pleura avec le mélange de joie et de douleur avec lequel on pleure un saint. Le lecteur qui voudrait s'édifier n'a qu'à lire la vie du P. Baker écrite par le P. Hewit. Sa mort, contre toute prévision, fut le signal d'événements heureux pour la Communauté, qui seplut à y reconnaître l'intervention de celui qu'elle regrettait. Jusque-là, deux prêtres seulement s'étaient adjoints aux Paulistes; les jeunes gens qui s'offraient comme novices, inspirant peu de confiance, avaient été écartés. Mais à partir de 1865, de bons sujets se présentèrent en nombre suffisant pour