‹ Le père HeckerChapitre 67 sur 77 · L^APOSTOLAT DE LA PRESSE · texte numérisé non relu

L^APOSTOLAT DE LA PRESSE

ment et clairement expliqué dans son catéchisme , qu'il est obligé d'apprendre avant d'être admis aux sacrements. Tout honnête homme peut vérifier ce dire en examinant un catéchisme catholique.

EST-CE HONNÊTE

De prétendre que l'Église catholique accorde des indulgences ou des permissions de pécher?

Quand l'indulgence, d'après la doctrine universelle connue dans toute l'Église , n'implique en aucun cas la permission de commettre le plus petit péché ; quand l'indulgence ne peut s'appliquer aucunement au péché avant qu'il n'ait été pleuré et pardonné.

EST-CE HONNÊTE

D'accuser les Catholiques de mettre la Sainte Vierge ou les Saints à la place de Dieu ou de Notre-Seigneur Jésus-Christ?

Quand le Concile de Trente déclare qu'il est simplement utile de demander leur intercession pour obtenir des faveurs de Dieu par son Fils Jésus-Christ Notre- Seigneur qui, seul, est notre Sauveur et Rédempteur ;

Quand demander leurs prières et leur influence auprès de Dieu est exactement la même chose que demander à un autre pieux chrétien de prier pour nous.

EST-CE HONNÊTE

D'accuser les Catholiques d'adorer des images ou des peintures comme font les païens?

Quand tous les Catholiques répudient avec indignation toute idée de ce genre et que TÉglise , par Forgane du Concile de Trente , dit « qu'il n'y a dans les images ou peintures aucune divinité ni vertu qui paraisse réclamer un tribut de vénération ; mais que tout l'honneur qui leur est rendu se rapporte aux originaux qu'ils sont chargés de représenter. » (Session 25.)

EST-CE HONNÊTE

De faire toutes ces accusations et bien d'autres encore contre les Catholiques, quand ils détestent et abhorrent ces fausses doctrines plus que ceux qui les leur reprochent sans avoir jamais lu un livide catholique ni pris aucun moyen honnête de s'assurer de l'enseignement réel de l'Église?

Qu'on se rappelle le commandement de Dieu : « Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. » Lecteur, voulez-vous être honnête et juste? Examinez alors les doctrines de l'Église catholique. Lisez les auteurs catholiques. Pesez les deux côtés, examinez et soyez justes, car les Américains aiment la justice. »

Ces petits messages de vérité sont de tous les styles : narrations, allégories, dialogues; quelques-uns sont des chefs-d'œuvre d'argumentation populaire. Le P. Hecker mit à contribution tous ses amis lettrés. La série entière forme un volume , s'ouvre par un article de M^'^ Spalding sur V indifférence religieuse y et embrasse toute la controverse entre catholiques, protestants et incrédules.

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Le côté pécuniaire de Tentreprise fut des plus épineux. Pour répandre à profusion ces livres, ces tracts et ces pamphlets, il fallait les donner gratuitement ou les vendre à très bas prix; et pour cela, trouver des fonds considérables. Un appel au clergé des États-Unis rencontra peu d'écho ; mais la réunion du second Concile de Baltimore, en 1866, parut très opportune au P. Hecker pour Texécution de ses plans. Les évéques furent amenés à prendre la chose en main , et le décret suivant fut promulgué, à la grande joie du P. Hecker.

a Puisqu'une société connue sous le nom de Société de publication catholique est fondée 'à New- York, et a été jusqu'ici dirigée avec intelligence et succès, nous la regardons comme entièrement digne de la faveur et de l'assistance des prélats et des prêtres , aussi bien que des catholiques en général... Nous exhortons donc les évoques à établir dans leurs diocèses des succursales de cette société , destinées à multiplier la distribution des publications catholiques. Gomme ceci ne peut s'exécuter sans une mise de fonds considérable , les évoques réserveront une quête annuelle dans toutes les églises pour le soutien de cette œuvre , ou prendront dans le même but telle mesure qu'ils jugeront à propos. » (Conc. plén. Balt.)

La lettre pastorale du même Concile ajoute ce qui suit :

« A propos de la presse catholique, nous recommandons instamment aux fidèles la Société de publication catholique^ récemment fondée à New -York par un prêtre zélé. Outre la publication de tracts très courts, qui peuvent être d'une grande utilité à ceux qui n'ont

ni rinclination ni le temps de lire de longs volumes» la Société a l'intention de faire paraître des ouvrages catholiques^ à mesure que les circonstances s'y prête* ront et que les intérêts de la religion le réclameront D'après le discernement apporté au choix et à la composition de ce qui a déjà paru , nous avons tout liea d'espérer que l'action de cette Société sera éminemment propre à faire connaître les vérités de notre sainte religion, et à dissiper les préjugés qui viennent en grande partie de l'ignorance de la plupart de nos concitoyens. Il est donc désirable d'assurer la généreuse coopération du clergé et des laïques à une entreprise qui ne le cède en importance à aucune de celles que les inventions modernes mettent au service de notre ministère pour la diffusion de la vérité catholique. »

Le P. Hecker, ravi de l'accueil fait à son œuvre par le Concile , crut y voir le gage d'un succès assuré.

Il allait d'un évèque à l'autre et plaidait la cause de l'apostolat de la presse avec sa vigueur et son succès accoutumés. Aidé de l'archevêque, il souleva l'enthousiasme des Pères du Concile et leur fit oublier pour un instant ce que, revenus à une vue plus calme, ils regardaient comme le devoir impérieux du moment : donner au peuple catholique les églises et les écoles, les prêtres et les maîtres d'école qui lui manquaient. La population catholique, déjà trop nombreuse pour son clergé, augmentait par l'immigration danslapro- i portion d'un quart de million par an; tous les efforts devaient donc se concentrer d'abord , tous les deniers être employés à l'œuvre capitale de loger et de nourrir les troupeaux errants du Seigneur. Certes, la grandeur

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de l'entreprise et le succès qui la couronna excusent jusqu'à un certain point TindilTérence alors témoignée à l'apostolat de la presse. Mais il en semblait autrement au P. Hecker, ainsi qu'à nous aujom'd'hui. Les intérêts du peuple catholique auraient eu tout à gagner à la grande dilTusion des bonnes lectures que le plan du P. Hecker leur eût fournies , et cela sans grande dépense.

Si le P. Hecker avait conservé la santé, il est plus que probable qu'il aurait surmonté tous les obstacles. Bien des âmes zélées étaient prêtes à le suivre. Citons comme exemple le vicaire général de San Francisco, le P. Prendergast , qui, avec l'aide de quelques amis , réunit une somme de plusieurs milliers de dollars dans ce seul diocèse. Mais, hélas I en 1871 , les forces du P. Hecker commencèrent à décliner, et l'année suivante c'en était fait de sa vie active. L'intention première avait été d'établir de tous côtés des branches de la Société mère, dont les délégués se seraient réunis régulièrement pour le contrôle de l'œuvre , donnant à l'Église d'Amérique un corps d'auxiliaires approuvé et puissant, presque exclusivement composé de laïques. L'organisation de la Société n'atteignit jamais cet idéal (1).

L'argent déjà recueilli passa à l'impression et à la distribution des publications à bas prix. Le P. Hecker et les Paulistes prirent la direction du tout. Quand les premières ressources furent épuisées , M. George Hec-

(1) Un réveil se produit cependant. L'apostolat de la publicité a maintenant des modèles dans la Catholic Truth Society de saint Paul de Minnesota et dans la Société du Saint-Esprit, fondée à la Nouvelle-Orléans.

ker contribua pour une large somme au soutien de Tentreprise; et pendant la période difficile de 1873 à 1876 il y sacrifia toute une fortune.

Cet échec fut douloureux pour le P. Hecker, bien qu'il étonnât ses amis par le calme avec lequel il le supporta. Si son œuvre ne sécha pas en une nuit comme la verge du prophète , elle prit une forme sin-* gulière et des proportions bien étroites. Étonnement tantôt muet, tantôt bruyant, des protestants k l'apparition des tracts catholiques, approbation du second Concile plénier, les rêves brillants d'une attaque simultanée de l'ennemi sur toute la ligne et par toutes les classes du clergé et des laïques : le P. Hecker repassait dans sa mémoire tous ces sujets, quelques années plus tard, les discutait vivement et communiquait à ceux qui l'entouraient son profond espoir de ressusciter son œuvre dans l'avenir. Lorsqu'il se rendît en Europe, en 1873, trop atteint pour espérer guérir, laissant derrière luison entreprise favorite décliner comme ses propres forces, combien profonde et silencieuse fut sa soumission à la volonté divine , qui avait réduit à néant tant de travail et de soins I

Quelques mots seulement sur l'essai du grand journal catholique. En 1871, le P. Hecker trouva à acheter pour trois cent mille dollars un journal de premier ordre faisant partie de la Presse Associée, En un clin d'œil , le Père saisit l'occasion. Un appel aux personnes riches de New-York fournit plus de la moitié de la somme ; l'archevêque Mac Gloskey ouvrit la liste avec une forte souscription. Mais bientôt il fallut appeler les médecins, et l'affaire n'alla pas plus loin.

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L'esprit toujours plein de son sujet favori, le P. Hecker écrit d'Europe en 1874 :

a M^ Mermillod, cet automne, m'a engagé à aller voira Fribourg (Suisse) le chanoine Schorderet, qui s'occupe avec zèle de la presse catholique.

« J'ai été surpris et charmé de l'organisation, ou plutôt du commencement d'organisation d'une association de filles faisant le métier de protes, etc., qui vivent en communauté , et travaillent pour l'amour de Dieu dans l'apostolat de la presse sous le patronage de saint Paul, le grand patron de la presse, le premier jouma" liste chrétien, dit le chanoine. Nos vues sont identiques sur la mission de la presse et sur la nécessité de la consacrer à l'extension et à la défense de la foi , comme représentant de nos jours la forme du sacrifice chrétien. Vous pouvez penser de quel intérêt et de quelle consolation mutuelle a été pour tous deux cette rencontre. L'essai du chanoine Schorderet est la mise en œuvre de l'idée de la Société de publication catholique de New-York. »

Les devoirs d'un écrivain vis-à-vis de l'autorité ecclésiastique, tels que les envisageait le P. Hecker, sont contenus dans une lettre écrite peu avant le Concile du Vatican :

« 1® Fidélité absolue et inébranlable à l'autorité de l'Église , n'importe où ni comment qu'elle soit exprimée, comme à l'autorif é de Dieu sur la terre;

« 2° Chercher dans la même disposition le véritable esprit de l'Église, et me laisser absolument gouverner par lui comme par la sagesse du Très-Haut;

« 3** Garder mon esprit et mon cœur libres de toute

attache à des écoles, des partis ou des personnes, Hecker compris, de sorte que rien en moi ne s*oppose à la transmission de la lumière et de la direction du Saint-Esprit;

(( 4° Dans le cas où un conflit s'élèverait sur ce que Hecker peut avoir dit ou écrit, ou sur quelque mouvement d'idée ou quelque œuvre où il puisse s'être trouvé engagé, examiner de nouveau. A-t-il tort, le faire se rétracter à l'instant. N'a-t-il pas tort, voir si la question est assez importante pour exiger sa défense et la réfutation des attaques; et si elle n'a point cette importance, ne pas perdre de temps dans des discussions qui compromettraient peut-être le progrès d'autres œuvres, et alors réduire Hecker au silence;

« 5° Parmi les imperfections, les abus ou les scandales, etc., du côté humain de l'Ëglise, ne jamais me permettre une pensée ni une parole qui semble émettre un doute sur une vérité catholique ou qui sente l'esprit de désobéissance;

« 6° Gardant tout cela en vue , rester l'ami le plus dévoué et le plus ardent de tout vrai progrès , et travailler de toutes mes forces à le promouvoir au moyen de toutes les organisations et autorités existantes. »

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