PREFACE. XIX
: A force d'en entendre parler dans le vague, on j serait tenté de ne plus voir dans ce changement l radical, dans ce « nouvel état de Tesprit humain » , • qu'une expression destinée aux effets de rhétorii que. Il existe cependant. Les applications de la ; science au travail ont produit depuis cinquante ans r dans le monde plus de bouleversements qu'il ne \ s'en faisait jadis en plusieurs siècles. Or, de tels \ changements matériels ne vont pas sans agir pro- I fondement sur les conditions morales de l'humai nité; ils exigent et, dans une certaine mesure, ils suscitent plus d'instruction, plus d'énergie, plus d'indépendance, plus d'iniliative, plus d'aptitude à se déplacer, à changer de travail , à suivre les dé- \ couvertes, à renouveler ses méthodes et parfois ' ses idées. Le respect de la coutume , qui était une ;* cause de supériorité et presque une vertu , est de- ] venu, sur beaucoup de points, une faiblesse, un 1 défaut, une cause de retard et de décadence; il ne [suffit plus, comme à certaines époques, de suivre \ le courant pour bien mener sa vie ; presque rien [aujourd'hui ne peut se faire sans initiative. Mais ' pourquoi affaiblir la pensée d'Hecker en essayant I de l'expliquer? Revenons à ses propres paroles : « Actuellement, la vie de l'homme, dans l'ordre séculier et naturel, marche irrésistiblement vers la liberté et l'indépendance personnelles , et c'est là un changement radical ».