Acte de sépulture. Registres de Notre-Dame de Québec
COMMISSAIRE-PROVINCIAL
cet honneur qui lui revenait 15. Peut-être la situation délicate où les démêlés de Montréal avaient peu d’années auparavant placé le Père Joseph et M. de Callières devant le public, ne fut-elle pas étrangère à la dévolution de l’oraison funèbre au gardien. Charlevoix nous trace de M. de Callières ce portrait : « Sans posséder le brillant de son prédécesseur [M. de Frontenac], il en avait tout le solide, des vues droites et désintéressées, il était sans préjugé et sans passion, une fermeté toujours d’accord avec la raison, une valeur que le flegme savait modérer et rendre utile, un grand sens, beaucoup de probité et d’honneur, une pénétration d’esprit à laquelle une grande application et une longue expérience avaient ajouté tout ce que l’expérience peut donner de lumières : il avait pris, dès les commencements, un grand empire sur les sauvages, qui le connaissaient exact à tenir sa parole et ferme à vouloir qu’on lui gardât celles qu’on lui avait données 16.» La postérité a ratifié ce jugement. «M. de Callières, écrit l’abbé
15. Le texte de l’éloge funèbre est à la Bibliothèque Nationale de Paria. Manuscrits français. Nouvelles acquisitions. No 1827, fol. 81. — L’abbé Bois nous apprend, dans ses notes manuscrites, que l’éloge fut prononcé par le Père Gélase.
16. Histoire de la Nouvelle-France, éd. in-4o. T. II, chap. XVII, p. 239.
Ferland, laissa la réputation d’un vaillant général, d’un homme intègre, et d’un véritable ami du pays, où il avait passé une partie de sa vie 17 . »
A l’automne de cette année 1703, le Père Joseph fit la visite du couvent des Trois-Rivières — et probablement aussi celle du couvent de Montréal. Il trouva l’établissement des Trois-Rivières en bonne voie d’achèvement, sous la direction du Père Luc Filiastre, qui était alors, en même temps que supérieur, curé de la paroisse. Au cours de cette visite, le Père Joseph assista, en qualité de témoin, à une enquête conduite par l’abbé Geoffroy, grandvicaire de Mgr de Saint Vallier, sur des guérisons miraculeuses attribuées au Frère Didaee. Il signa au procès-verbal de l’enquête, le 24 septembre 18. Le 2 novembre, de retour à Québec, il fait authentiquer cette pièce par M. Charles Glandelet, autre vicaire général 19.
L’année suivante 1704, nouvelle visite aux Trois-Rivières au mois d’août, où il est encore témoin à une enquête similaire, également