‹ Le père Joseph DenisChapitre 50 sur 78 · Arcli. du Ministère des Colonies. Série B., vol. 37, fol · texte numérisé non relu

Arcli. du Ministère des Colonies. Série B., vol. 37, fol

Eglise dite “la Paroisse”, bâtie par le Père Denis, aux Trois-Rivières, incendiée le 24 juin 1908.

AUX TROIS-RIVIERES (suite)

nication aux suppliants pour être par eux pris telle conclusion que bon leur semblera. »

Le 29 août, le promoteur de l’officialité fait droit à la requête. Trop pressés pour attendre cette réponse à leur requête fort impertinente, les plaignants retournaient, le 27 août, devant le conseil supérieur. Cette fois, ce n’est plus une simple demande de faire comparaître le Père Joseph, c’est un acte d’accusation contre le curé, qui aurait «débité les plus noires et les plus atroces calomnies » contre leur fille. Il aurait pris prétexte, notamment, du fait qu’Anne Marguerite Le Boullanger avait obtenu quelques remèdes sur l’ordonnance de Michel Sarrazin, conseiller et médecin, pour insinuer qu’elle en avait agi ainsi pour faire dissiper sa grossesse, et un tel crime mérite la mort. Le billet remis à la jeune fille par le Père Denis, le 20 avril 1714, contient les raisons pour lesquelles il lui refuse la permission d’aller à confesse ailleurs pour faire ses pâques; ce billet n’est qu’un libelle, puisqu’il porte que l’évêque ne croit pas ladite Le Boullanger en sûreté de conscience chez M. de G-allifet. Et ne doutant pas que le conseil supérieur ne fasse procéder contre l’accusé, dès à présent ils récusent pour juges, comme apparentés au Père Denis, le lieu-

tenant général et le procureur du roi aux Trois- Rivières, et demandent au conseil de désigner d’autorité un juge devant qui ils puissent se pourvoir contre le Père Josepli. Le conseil ordonne que les informations soient faites devant les officiers de la Prévôté à Québec 8.

L’évêque écrit en France 9 pour faire casser ce jugement du conseil supérieur, qui défère à un tribunal civil une cause essentiellement ecclésiastique. Le ministre des colonies répond à l’évêque qu’il n’y a pas en vertu des libertés gallicanes (sic) empiètement sur la juridiction ecclésiastique 10. Le son côté — peut-être après le refus du ministre — le promoteur de 1 ’officialité de Québec, M. Calvarin, fait des représentations au conseil supérieur, le 3 septembre, et demande que les plaignants soient renvoyés devant le tribunal ecclésiastique, pour y continuer les procédures par eux commencées.

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