‹ Le Père Laval [microforme]Chapitre 10 sur 15 · LAN · texte numérisé non relu

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tion, s'écria le Jésuite. Plaçons-nous sous la protection de la sainte Vierge. Elle intercèdera pour nous et nous Sauvera ; Ou, si c'est la volonté de Dieu, elle nous obtiendra la force de gagner la couronne du martyre. Qui sait! ajouta-t-il ; et son visage resplendissait d'une joie céleste, et son Corps, épuisé et fatigué, se redressait plein d’un saint enthousiasme : qui sait ! notre triomphe et notre martyre seront peut-être les précurseurs de la protection que la sainte Mère de Dieu est sur le point d'accorder à ce nouveau pays. Dédions à son invocation nos souffrances, tout indignes qu'elles soient.

Enfin, on donna le signal du départ.

— Joggo! Allez!

Et les prisonniers partirent. Le vigoureux Hugon marchait d’un pas accéléré que le pére Laval avait peine à suivre. Le Loup approchait de l'ouverture des lignes : cent bras étaient levés prêts à frapper ; les couteaux étincelaient, et toute la bande des furies hurlait, remplie d'une joie sauvage. Il s'arrêta un instant pour attendre le père Laval, puis, bondissant en avant, il Sélança au milieu de la foule, en parant les coups et renversant plusieurs assaillants sur son passage. Ce ne fut pas cependant sans recevoir des blessures, et, avant qu'il eût fait la moitié du chemin, le sang ruisselait sur tout son corps. Toute la rage des sauvages se tourna sur lui, car il avait réussi à en blesser plusieurs, et ils le poursuivirent, oubliant les deux Français qui avançaient sans trop souffrir. Une femme était là pourtant qui ne voulait pas laisser échapper sa vengeance. Persuadée que les Français seuls avaient pu terrasser le jeune Aigle, Fleur-du-matin n’avait pas daigné pour-

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