‹ Le Père Laval [microforme]Chapitre 6 sur 15 · TT · texte numérisé non relu

TT

Plusieurs jours se passèrent ainsi ; l'expédition avançait régulièrement : cependant, le soleil couchant du quatrième jour la trouva encore éloignée des murs amis de Montréal. Elle venait d'atteindre la partie la plus dangereuse du passage qui séparait les deux forts : il fut décidé, en conséquence, qu'on ne descendrait pas à terre et qu'on continuerai le voyage pendant la nuit. Les rameurs Indiens se relevaient et se reposaient alternativement, tandis que les pirogues marchaient silencieusement et avec une force ralentie.

Le père Laval et René Boardoise s'étaient étendus au fond de leur pirogue: ils se placèrent sous la protection de Dieu et se disposèrent à dormir. Le novice commençait à s’habituer à la nouveauté de sa situation, et, familiarisé avec le danger, il ne le redoutait plus.

Le sommeil vint bientôt fermer ses paupières, car son Cœur était pur. Elevé comme un soldat du Christ, il ne

, Craignait pas la mort, n'importe sous quelle forme elle pût se présenter. Méditant sans cesse sur la fin de l'homme, le jésuite est habitué à regarder la mort en face. !l ne considère la vie que comme un moyen de nulle valeur par lui-même, mais au-dessus de toute valeur lorsqu'elle nous est donnée pour acheter un bon-

Page 1