POSTE DE
LA
TTL
ivrant un combat terrible aux montagnes de glace Mlottantes, sa bouche prononce sur l’Hostie les paroles Qui font descendre l'Homme-Dieu sur la terre ! Avec quels transports il s’écrie, les yeux baignés de larmes au souvenir des crimes qui souillent aujourd’hui le monde civilisé : Bêtes féroces, et vous habitants des forêts, bénissez le Seigneur, puisque ceux de ses en- à fants qu’il a le plus comblés de biens le blasphèment il sans cesse! » dl
Part le 15 du fort Abbitibbi, il arrivait le 21 aw fort Moose-Factory. Il y continua durant dix jours la mission commencée en chemin. Les Indiens de ce poste, au nombre de quarante à quarante-cinq familles, avaient presque tous été baptisés par un ministre méthodiste qui y avait résidé huit ans. Les noms bibliques qui leur furent donnés étaient, chez les Ehommes surtout, la seule marque qui les distinguàt des infidèles. Le missionnaire ne trouva en eux ni plus de vertus, ni plus de science, ni plus de moralité. Plusieurs cependant lui témoignaient un désir sincère de connaître et d’embrasser la religion catho-
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lique. Ils s’empressèrent de lui apporter leurs enfants nouveau-nés, pour qu'il les baptisât. La vue de croix qu’il avait plantée l’année précédente, dans une des plus belles positions de l’île où le fort est bâti, leur avait fait la plus salutaire impression. Il leur fi entendre de nouveau au pied de cette même croix, l'explication du culte que les catholiques rendent à ce signe de la rédemption, et il put constater que plusieurs protestants en furent touchés aux larmes. Les notes poursuivent ainsi :
« Il me tardait beaucoup d’aller visiter le poste appelé A/bany-Factory, où l’année dernière, pour la première fois, j'avais porté la divine semence dans les cœurs qui me promettaient une abondante moisson. |
Le # juillet, nous nous embarquâmes, le P. Arnaud et moi, sur une goëlette. Mon angélique com: pagnon fut constamment malade durant la traversée, ce qui l’empêcha de contempler un phénomène admirable, qui se renouvelle presque chaque nuit dans ces contrées du nord. Une aurore boréale, parcourant
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zélique com la traversée, omène adminuit dans ces » parcourant
| nuit, assis sur le tillac d’un vaisseau, ayant au-dessus
le el d’un horizon à l’autre, formait au firmament
| comme un vaste incendie. La mer ne me paraissait | plus qu’un océan ensanglanté. Des légions innom-
brables de petites baleines blanches, qui venaient se
| jouer autour du navire, me retraçaient l’image des | corps qui sortiront un jour du sein de la terre et des
mers...
rigurez-vous un missionnaire, au milieu de la
de sa tête un demi-globe de feu, sous ses pieds une
| mer de sang, autour de lui d’immenses forêts, où
gisent, ensevelies à l'ombre de la mort des tribus nombreuses qu’il vient sauver avec cette croix qu'il
| porte sur sa poitrine : voilà, Monseigneur, ce qu'était alors celui que vous aviez envoyé aux extrémités de | la terre. Confondu, anéanti au milieu de ces trois immensités, le ciel, l’océan et le désert, il s’écriait | avec le Prophète : Seigneur, vos œuvres sont mer- | veilleuses; Seigneur, que votre nom est admirable | par toute la terre!
Nous étions sur le point d'entrer dans la rivière d'Albany ; le navire n’avait plus que quelques milles
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à parcourir pour atteindre le poste si désiré, lorsque la mer, ense retirant, le déposa sur un banc de sable où nous passämes la nuit. Je voyais s'élever la fumée des cabanes sauvages, dispersées çà et là sur les bords du fleuve et de la mer. Nous allions enfin annoncer la bonne nouvelle à ces âmes si délaissées; on m'avait assuré qu'une quarantaine de familles, qui l’an dernier n'avaient pu nous voir, attendaient notre arrivée avec impatience. On ne nous avait pas trompés. À mesure que nous approchions du fort, nous apercevions les Indiens accourir en témoignant leur joie. Quelques-uns, venus pour la première fois au fort, étaient dans une nudité presque complète: mais dès qu’on leur eut dit qu’ils ne devaient pas se présenter ainsi devant la Robe noire ils coururent se couvrir. Ces Indiens sont de la tribu des Makégons (habitants des marais). Aucune dénomination ne peut mieux leur convenir, car toute la côte occidentale des deux baies n’est qu’un vaste marécage. La difficulté qu’ils éprouvent à marcher sur ce sol mouvant semble avoir affecté leur dialecte : de même que leurs pieds mal assurés pataugent toujours dans la vase, leur langue ne bredouille que des sons mal articulés, ce qui fait que le missionnaire a plus de mal à les comprendre qu’à en être compris. Leur taille est avantageuse et leur physionomie régulière. On ne voit pas chez eux ces difformités naturelles si } communes parmi les peuples civilisés. Doux et pacr-
APOTRE DE LA BAIE D'HUDSON 167 désiré, lorsque!
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fiques, ils ne se plaignent jamais, même dans les plus grandes privations et les souffrances les plus aigües; ils supportent patiemmentune injure, mais c est plutôt ; je crois, par faiblesse de caractère que par générosité; | je parle ici des païens, car j'ai vu des néophytes par-
donner généreusement les offenses les plus graves,
et dont ils pouvaient facilement tirer vengeance.