‹ Le père Laverlochère [microforme]Chapitre 3 sur 45 · RER · texte numérisé non relu

RER

Longueil, 13 mai 1844.

sd jé mpt MonseiGneur er Très RévérenD PÈRE, À 1 mois de } ie mémo- M ‘--- À la nouvelle de mon appel au sacerdoce, je 4 bordaient MR‘ fus sérieusement alarmé en pensant au redoutable ;

}. fardeau qui m'allait être imposé. Tant qu’il avait il

eux saints MR" té éloigné, je l’avais envisagé sous des couleurs

es Oblats, ans toute

(1) Mort à Rome en odeur de sainteté, après avoir été Vicaire apostolique en Cafrerie.

brillantes. Mais ici il m’apparaissait bien autre ment. Le R. P. Honorat tâcha de me rassurer, dé m’inspirer la confiance, et je compris combi le peu de jours qui me restaient seraient précieu s'ils étaient bien employés à me préparer. Ji m'enfonçai alors dans une retraite profonde, n@ parlant à qui que ce fut, sinon à mon directeur Je repassai dans l’amertume de mon âme fous le péchés de ma vie : leur nombre et leur énormit( ne glaçaient d’épouvante ; j'en étais oceablé. EI quoi! me disais-je sans cesse, encore quelque jours et je serai prêtre, et l’'Agneau sans tache sind molera dans mes mains, et je suis pourtant char-Â gé d’iniquités !.… Vingt fois par jour je demandais avec larmes que le Seigneur daignât me retirer de ce monde avant d’être ordonné, si j'étais des:| liné à faire un mauvais prêtre. Oh! Monseigneur} j'espère qu’il a agréé le sacrifice que je lui at fait de moi-même pour procurer le salut des sauvages:}

j'espère, enfin, que je trouverai dans les privations| À otles souffrances de toute espèce le moyen d'expier | à Ines péchés... e | :

« Ce fut le dimanche, 5 du courant, que le pontitc ia conféré l’auguste caractère, que l'huile sainte E

a coulé dans mes mains. Enfin, mne voilà prêtre, et prêtre pour l'éternité. Deux autres de vos enfants, les frères Bourrrassa et Fizet, ont recu le sacerdoce en même temps. Je laisse au premier le som

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1e le pontife huile sainte oilà prêtre, vos enfants, u le sacernier le soin

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de vous donner le détail des circonstances vraient remarquables, qui ont accompagné cette mposante cérémonie. Cela lui convient d'autant jeux que c’est dans sa paroisse et au sein de sa famille qu’elles se sont passées. Mes deux frères coordinands avaient la consolatiou d'être entourés de leurs parents. Dieu sait combien j'aime les miens ! et cependant ce n'était assurément pas leur absence qui m'était le plus pémible ; mais la pensée que j'étais le premier jusqu'ici qui recevait la prétrise d'une autre main que de celle de notre Sllustre et vénéré Père, remplissait mon âme d'une Mémotion profonde. Oh! comme votre image, Monseigneur, était présente à mon esprit dans ce moment solennel! Jamais je n’avais si vivement ressenti la douleur de votre absence. J’espérais encore être ordonné par votre saint et vénérable ami, qui, autant qu'on peut l'être, est pour nous un autre M vous-même ;: or, le mauvais état de sa santé ne lui a pas permis de se rendre jusqu’à l’Acadie.… x Ce fut le lundi, jour du martyre de mon saint patron, que j’eus l’ineffable bonheur d'offrir pour | la première fois l’adorable Victime, dans la même église où j'avais été ordonné la veille. Vous dire, | Monseigneur, ce que j'éprouvais en ce moment Lme serait impossible. Je n'ai pas souvenance | d’avoir goûté tant de bonheur, et pourtant je pleu- | rais, F’aurais voulu me confondre devant ce Dieu

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qui venait, à ma voix, se mettre dans mes main Est-il donc croyable, à mon Jésus, disais-je, qu vous ayez voulu venir dansles mains du plus indignk de vos serviteurs? Mon esprit dans ce mome était d’une étendue immense : tous mes Pères Frères m'étaient présents, chacun en particule d'une manière admirable. C’est une grande chos qu’une première messe, encore qu’on la célèbre 4 plus de mille lieues de son pays. Ce jour assurcliR ment ne s’effacera jamais de mon souvenir, J’ai edf depuis le bonheur de la célébrer chaque jour! bonheur que j'apprécie d’autant plus que j’en serai souvent privé au milieu des forêts où il faudra par! fois passer huit à dix jours sans participer au divins mystères. » | Ce court extrait d’une longue lettre vous permet de saisir au vol quelques traits de son humilité, del sa piété, de sa délicatesse filiale à l'endroit du Supépérieur général, généreux sentiments dont 1l donnera maintes preuves au cours de sa carrière.

Le voilà prêtre, prêtre missionnaire. L’heure du combat va donc bientôt sonner.

Un jour, prosterné au pied du saint autel, le bréviaire sous le bras, le bâton du voyageur à la main, il récite pieusement l'itinéraire des clercs; puis cour-

nt le front vers la terre, il écoute dans le ravisse-, int les paroles qui lui semblent venir du ciel par

s mes main:

isais-je, qu

ù plusindign@rgane de son Supérieur : «< Partez, frère bien- ; ce momeiiaimé, allez à la recherche des brebis perdues de nes Pères dla maison d'Israël; elles ont été, vous le savez,

rachetées à grand prix. Faites reculer les puis-. sances infernales. Que l’ange du Seigneur vous accompagne dans votre voyage, et vous ramène bn jour dans la paix, la santé ct la joie. »

Cette touchante allocution achevée, le mandat este donné et accepté, il baise humblement la issière comme pour affirmer la faiblesse et l’indité du ministre, se relève consacré missionnaire et lt, fort de la protection du ciel, des prières des les et de la sympathie jalouse de ses compagnons vous perme(iRrnes.

humilité, d'en est fait ; le voilà dans la pleine lumière de sa oit du Supél plime vocation. Comme son cœur d’apôtre dut paldont il don-M@r de joie, d'amour, d'espérance, à la perspective rrière. vaste champ à défricher, dont l'horizon se dérou- } devant lui, où il allait jeter, confiant, mais non ls crainte, la divine semence! Ce n’était plus du bt d’une table qu’il devait annoncer la bonne noule, mais du sein des forêts, aux bords des lacs, ou | les grèves des mers; ce n’était pas à une poignée paysans, mais à des peuplades entières, incultes, vagos, parfois hostiles.

Dn était au 14 mai 1844. Le petit groupe des

n particule grande chos n la célèbre:

jour assuréA venir, J'ai cf chaque jour!

que j'en serai il faudra par!

articiper au

L'heure du

utel, le brér à la main, à; Puis Cour-

Oblats, nouvellement débarqués au Canada, ne pou- | vant lui fournir un socius, le zélé M. H. Moreau. | prêtre de Montréal, plus tard Vicaire général, s’of-! frit gracieusement à partager son entreprise. Ayant À fait déjà plusieurs fois le voyage de Montréal à la! baie d'Hudson, il allait être d’une grande utilité au | missionnaire. Unis d'esprit et de cœur, nos deux pionniers semèrent et moissonnèrent ensemble, dans À les larmes comme dans la joie : Euntes, ibant et fle-| bant, mitlentes semina sua (Ps. cxxv). .

Avant d’emboîter le pas du missionnaire, jrs un coup d'œil à vol d'oiseau sur le théâtre où va se déployer son zèle. 1

da, ne pou- À H. Moreau. !

inéral, s’ofrise. À yant | ontréal à la | de utilité au | , nos deux!

emble, dans À ibant et fle-|

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