CHAPITRE II
IMAIRE. — Coup d'œil topographique. — Champ spécial de Apôtre. - Le P. Charles Albanel découvre la Baie d'Hudson. L'Eglise et. la Compagnie. — Premiers Apôtres de la Baie. — à Peines et fatigues des missionnaires. — Description d’un brtage. — Portrait des sauvages. — Le Père Flavien.
aire, jetons
n jetant les yeux sur une carte récente de l'Améue britannique du nord, on voit aussitôt que ce porte aujourd’hui le nom de Dominion ou Cada simplement, était auparavant appelé Nouvelleetagne anglaise, et primitivement Nouvelle- Mance. Vaste domaine qui entoure, au nord, la baie @ludson, et court de l’est à l’ouest, de l’Atlantique Pacifique, le long des frontières des Etats-Unis. Il brasse, au septentrion, la mer glaciale et pousse B pointe jusqu’à la mer polaire.
Dn le divise généralement en sept bassins : les sins de la baie d'Hudson, du Saint-Laurent, des hières la Paix, Mackhensie, Saint-Jean, et des bx versants du Pacifique et de l'Aélantique. Ennble, leur superficie, non comprise celle des grands
lacs, mesure 3,470,392 milles carrés, c’est-à-di environ seize fois l'empire actuel d'Al 1agne (1). Mais, direz-vous, est-il possible que ce soit là champ assigné à l’apostolat du P. Laverlochère ? | Ne vous pressez pas trop : nous arriverons bien à là portion de l'héritage qui lui est échue. Né moins je pourrais vous répondre tout de suite : et non. Oui, si je vous apprends que les successe
immédiats du P. Laverlochère, ses frères en relisidfié
les Oblats de Marie Immaculée, ont évangélisé| évangélisent encore cette immense contrée ; nd s’il s’agit de son action personnelle, comme cela évident, :
Continuons notre étude topographique.
Le bassin de la baie d'Hudson, où se concent ront plus spécialement les efforts au P. Laverlochè est le plus grand des sept bassins du Dominion mesure environ 2,000,000 de milles carrés. :
Dès 1671, époque où les Jésuites avaient de flo santes missions dans la Nouvelle-France, ce pa était habité par des peuplades nombreuses et ric en pelleteries. Les principales se composaient ( nations hurone, algonquine et montagnaise. « Hurons, dit Sagard, étaient comme la noblesse pays. Les Algonquins formaient la bourgeoisie ; villageois étaient représentés par les Montagnais (2
(1) Canada, par H. John Carling, 1886.
(2) Cité par J. Edm, Roy : Voyage au pays de Tadoussac.
APOTRE DE LA BAIE D'HUDSON 19 s, c’est-à-di
agne (1).
ae ce soit là erlochère ? |
iverons bienik : échue. Neal
premiers ont comyiètement disparu du sol, anéanjar leurs implacables ennemis venus de l’ouest, Hroquois.
de suite : out écolier sait que le célèbre navigateur anglais les successelilson découvrit par mer, en 1610, la baie ou le res en religidiiie qui porte son nom ; mais ce que tout le monde
ait peut-être pas, c’est que ce fut le P. Charles el, missionna e jésuite de Tadoussac, qui en découverte par terre. Il fut envoyé à la recherpar Talon, intendant du roi de France. C'était
| évangélisé] contrée ; n0k comme cela &
ique. me qu’il fallait pour cette expédition : depuis ü se concentiiBtemps 1l pratiquait les sauvages qui connais- >» Laverlochètiint cette méditerrannée du nord et pouvaient seuls u Dominion là des guides sûrs par des chemins jusqu'alors carrés. ‘ hnus. Il se rendit à la baie d'Hudson par le Sa-
aient de flor rance, ce pi euses et ric
bay, à l'embouchure duquel était assis Tadoussac, lence des Jésuites, et premier poste des colons ais, ensuite par le Chicoutimi, les lacs Saint-Jean,
omposaient dBssin, et probablement par la rivière Rupert. Il est agnaise. « USRit qu'il visita les bords de la baie jusqu’à Moose, la noblesse être même jusqu’à York-Factory, sur la rivière bourgeoisie ; Won.
ontagnais (2 insi le christianisme fut-il porté, dès lors, aux
is sauvages de la « grande baie ».
utre détail important. A l’époque où la Robe noire
> Tadoussac.
se dirigeait pour la première fois, le flambeau { l'Evangile à la main, vers les plages lointaines de mer du nord, s’établissait au sud de cette mer, so Charles II d'Angleterre et sousle patronage du prin Rupert, son cousin, la célèbre Compagnie de la b d'Hudson, ayant son siège à Moose, pour le con merce des pelleteries. De sorte qu'en même temp à la même date, mais dans des vues bien différente la religion et le commerce prenaient possession ces immenses contrées du nord, l’une au nom du? du ciel, l’autre au nom du roi dela terre; celui-ci: nom de Charles IL, celle-là au nom de Jésus-Christ.
Chose remarquable, la religion catholique et Compagnie de la baie d'Hudson, à l'heure actuell sont vivantes, fortes, prospères à côté l’une de l’autr se prêtant un mutuel secours, bien que cette dernièl soit protestante. Les rapports entre les missionnair et les bourgeois de la Compagnie ont toujours été sont encore empreints d’une telle courtoisie, qi l’un des principaux commis a pu dire, non sans u certaine fierté britannique : «Il n'y a que de sociétés puissantes sur la terre : l'Eglise et la Cor pagnie. » |
Soit dit en passant, cette Compagnie eût longtem à lutter contre une puissance rivale, la Compagil du Nord-Ouest (1680-1820), dont les comptoirs ( factoreries couvraient la région du Témiskamingulk À la dernière date, ces deux Compagnies, égaleme
, flambeau (
Dintaines de ette mer, So age du print nie de la b:
pour le con même temp n différente possession ( au nom dur re; celui-ci:
Jésus-Christ. f holique et eure actuell ane de l’autr cette dernià missionnair| toujours été ourtoisie, qi non sans u a que de se et la Co
ses de lutter, se fusionnèrent sous une même dénonation : « Compagnie de la Baie d'Hudson.»
Dès 1671-1672, nous venons de le voir, l'Evane avait été porté à la baie d'Hudson par les dignes 8 de saint Ignace de Loyola. Mais après la cession Canada à l’Angleterre par la France de Louis XV de Voltaire, la Robe noire ne parut plus sur s terres lointaines ; les lumières de l'Evangile s’y ignirent peu à peu; le sauvage reprit sa vie et s superstitions d'autrefois, jusqu'à ce que les Oblats à Marie Immaculée y vinssent propager, par le nistère du P. Laverlochère, les splendeurs et les enfaits de la foi (184%). Ils se chargèrent régurement des missions qui embrassaient tout le nord l’ouest de la province de Québec jusqu'aux rivages la baie d'Hudson, |
Pour ne point trahir l’histoire, il faut reconnaître ie, durant une période de huit années, trois prêtres aient visité en apôtres le Témiskamingue : de 1836 1839, ce fut un supérieur du lac des Deuxontagnes, M. Ch. Bellefeuille; de 1839 à 1841, ; Poiré, qui devait être un jour supériéur du colbe naissant de Sainte-Anne-la-Pocatière ; de 1841 11844, M. Th. Moreau, qui accompagnera le P.
iverlochère dans sa première mission.
eût longtem a Compagik
comptoirs ( miska min gl les, égaleme
Au dire du R. P. Mourier, Oblat de Marie Imm culée, missionnaire actuellement à la baie d’Hudso les difficultés ou incommodités des missions da ces parages étaient en 1844, date du premier voya du P. Laverlochère, et sont encore aujourd’hui, ( maints endroits, ce qu'elles étaient du temps { Jésuites : même difficulté des rivières, où l’on dispr sa vie, sur un frêle canot d’écorce, contre les bou lons des rapides, au milieu desquels pourraic s’'abimer de grands et solides bâteaux; mèn embarras des portages et des chemins; même :
mense étendue de ces solitudes profondes et mys rieuses, où seule se fait sentir à l’âme la présence ( Dieu. quand elle n’est pas effrayée par la rencon de quelques fauves.
Voulez-vous avoir une idée de ces difficultés plutôt de ces misères, comme on dit là-bas ? Ecout un témoin authentique :
« Les peines et les fatigues, dit un des premie apôtres du « grand Nord (1) », font de nos vies continuel sacrifice pour la gloire de Dieu et le sal des âmes: elles nous mettent dans la nécess d'exercer notre confiance en Dieu et rendent not
(1) Relation des Jésuites, passin.
missions da Jremier VOya,
els pourraie
; difficultés -bas ? Ecout
des premie e nos vies ieu et le sal
ndon aux ordres de la Providence et plus parfait
lus soumis. Quelle multitude et quelle difficulté portages, de rapides, de chutes d’eau! Nous hes six journées de rapides, pendant lesquelles il pit remonter presque constamment le courant et ger le canot contre le fil de l’eau. Bien souvent lait mettre pied à terre, marcher dans. le bois, mper sur des rochers, se jeter dans des fossés, s remonter sur des éminences escarpées à travers Ltouffes d'arbres, dont les branches déchiraient Éhabits; et d’ailleurs nous étions extrêmement
rgés, portant sur le dos nos canots et notre équi-
e. Ensuite nous fûmes arrêtés deux jours par
pluies . Les chemins étaient mauvais, au point | nous passions dans l’eau j jusqu ’à mi-jambes, par- | jusqu’à la ceinture. Nous arrivâmes à un endroit
elé par les sauvages Pikositesinakong; « l’enit où l’on use ses souliers sur les rochers qu'il nous L passer. »
Nous franchimes dix-sept portages par des
Bres, des montagnes, des plaines noyées et des: seaux qu'il faillait traverser ayant de l’eau jus-
au ventre. »
oici la description d’un portage par un praticien
lemporain (1) : « Aussi longtemps que l’on était
l’eau, cela allait assez bien, quoiqu’on fût obligé
Arthur Buies : L'outaouais supérieur.
JETIR set
de remonter la rivière ; mais l'Outaouais, heureu ment, a un courant très faible ; sa descente ne s'à centue guère que dans les cascades et les chutes :k l'opération devenait ardue, pénible, parfois impr cable à raison des circonstances de temps et autr C'était quandil fallait « portager » le long des ra des, c’est-à-dire, après avoir débarrassé le canot | la barge de son bagage et de ses provisions, distril le tout sur les épaules de chacun des voyager retenu et fixé la charge ainsi fractionnée au mo d'une bande de cuir passée en anneau autour!| front, et dont l’extrémité, retombant sur le dos, s@ tenait un objet de poids proportionné à la force chacun, c'était, après tout cela, disons-nous, remonter à pied les bords du rapide. On soufflait, suait, on pliaitsous le faix par des sentiers tortue rocailleux, hérissés d’obstacles, quelquefois enti ment bouchés par la chute récente d’un tronc d'arl ou d’autre fois embarrassés tellement par les détn de forêts de toute espèce qu'y avait précipités l’on de la veille, qu’on n’avait d'autre alternative que se frayer un chemin, soit dans la vase détrempée la rive, soit en cscaladant les rochers les uns a les autres, en s’aidant de son inieux des obstadé mêmes de la route.
« On appelait cette aimable opération « remoi les rapides à la cordelle. » L’un portait au bout sa lanière de cuir une boîte de thé surmontée
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