CHAPITRE XVII
Sommaire : Le Missionnaire prèche à Avignon, à Nimes, à Valence. — Il met pied à terre à N.-D. de l'Osier, à St Georges d'Espéranche, pays natal. — La Semaine religieuse de Grenoble et le P. Laverlochère. — L'Espérance de Nancy et le Missionnaire.
Notre missionnaire visita Avignon, Nimes, Valence. Dans chaque ville il prêcha avec le même succès, soit dans les églises, soit aux élèves des Séminaires. En remontant vers Paris, il mit pied à terre à Notre-
Dame de l’Osier, non loin de son pays natal, afin d’y retremper sa ferveur envers Marie. La vue du novi-
ciat lui fit du bien. « L’esprit qui règne dans cette maison bénie, écrivait-il à son vénéré Père, est admirable. Quand je compare ce noviciat à celui de mon temps, mon âme ne se possède plus de joie. Je rends de vives actions de grâce au Dieu de toute onsolation et à sa très sainte Mère. Mes espérances pour l’avenir de la Congrégation s’accroissent et se ortifient (1)... »
| (1) Il y avail en ce moment une cinquantaine de novices à Notre-Dame de l'Osier.
De Notre-Dame de l’Osier il descendit à Grenoble où il séjourna quatre jours. L’hospitalité la plus cordiale lui fut donnée au Grand Séminaire par M. Orcel supérieur et Vicaire général, de sainte mémoire. Maïtres et élèves furent, pour !e missionnaire, d’une attention touchante. Il parla trois fois à la communauté tout entière, et, Dieu merci, sa parole pro. duisit les fruits apostoliques qu’il s’en était promis.
Après quelques hésitations, dont il revint bien vite quand il eut compris le zèle désintéressé du missionnaire, Mgr Philibert du Bruillard l’autorisa à prêcherk tant qu’il voudrait dans sa ville épiscopale. Notre apôtre usa amplement de la bienveillante autorisation: il prêcha trois fois, le dimanche, à la Cathédrale ; la messe, à vêpres et le soir. Le Seigneur daign: bénir ses efforts, comme il les avait déjà bénis à Va lence, à Vienne, à Beaurepaire, à Saint-Georges d’Espéranche, sa paroisse, où 1l versa et fit verse bien des larmes, etc., etc. Nous sommes heureux à retrouver dans la Semaine religieuse de Grenobl un écho de ses prédications dans cette ville.
« Le pieux apôtre dauphinois, dit-elie, a pub les bienfaits du Seigneur avec une énergie touchant
Le passé semblait renaître. On croyait le voir monter: dans un canot d’écorce, dirigé par un ou deux Iro- [quois, s’élancer ensuite sur les grands fleuves, bondir sur son frêle esquif de cataracte en cataracte, arriver en face d'un abîme béant... Voilà le mis-sionnaire sur le point d’être englouti... Que faire? Il onne l’ordre qu’on laisse les rames, entonne l’ Ave maris Stella, et la barque légère, à deux pas du vouffre, est arrêlée miraculeusement par un arbre qui tombe en travers du fleuve.
» Le lendemain c’est une forêt immense qu’il a traverser, une forêt d'arbres résineux. Le feu prend | la forêt ; le vent pousse la flamme; l’horizon est n feu. Dix lieues de terrain deviennent en peu de: emps la proie d’un vaste incendie. Quatre ou cinq rbres seulement sous lesquels l’apôtre s'est arrêté, isé de fatigue, sont respectés par les flammes et testent encore les soins dont la Providence divine. itoure ce prêtre chargé de porter plus loin la croix la parole évangélique.
» [échappe aux abimes des fleuves, aux incendies. s forêts, le missionnaire de Jésus-Christ. Il arrive x Heux habités par la peuplade qu’il doit évangé-er. Il descend de son canot d’écorce. Une vieille tane le couvre, dont les lambeaux vont permettre x sauvages de l'appeler Rob: noire. À son cou id une croix. Ses épaules plient sous le poids d’une
it-elie, a publ dit ne 4 nifisse qui renterme sa chapelle, un calice, un orne-. énergie toucha .
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se de Grenobl tte ville.
ment, du pain et du vin, pour faire descendre le Dieu trois fois saint dans ces contrées solitaires et glacées.
» Le prêtre s'approche des cabanes dressées «à et là. Il prend sa place au milieu d’une pauvre famille de Sioux ou d’Iroquois. La malpropreté plus répugnante ne le rebute point. IL embrasse le enfants, parle aux hommes de leur chasse et de lew pêche, fume avec les vicillards, s’assied au repas de la famille. Le cœur de l’Européen se soulève, mên aprés quelques jours de privation et de jeûne, devan le morceau de castor, de renard ou d'ours blanc q lui est offert ; quant au missicanaire, il est néces saire, qu'il en prenne, qu'il en mange. li doit gagne ainsi la confiance des sauvages, afin d’être écouté lorsqu'il parlera du Grand-Esprit. |
» A-t-il conquis quelques âmes, l’apôtre de là vérité, et veut-il bâtir une chapelle ? il part ave huit ou dix néophytes, et va à vingt lieues de là co per des arbres dans une forêt. Aucune bête 4 somme ne peut vivre dans ces régions glacées, seront de pauvres chiens que le prêtre aitclle ensuite à ces arbres gisants par terre et qu’il coll duira, sur la glace, là où doit s'élever l’humi!e « bane que les sauvages appelleront : Maison de |
prière.
« Le P. Laverlochère n'avait cessé, depuis hi ans, d'évangéhser les sauvages de l’imérique à
descendre le Xord, de sorte, qu’en adressant pour la première fois s solitaires @£ ja parole à ses compatriotes, réunis en foule autour de la chaire, 1l s’excusait d'avoir presque oublié sa s dressées ( langue maternelle. Mais son cœur de religieux était d'une PauvRE sesté tout français, et si, à certains moments, les nalpropreté RE nots sauvages semblaient lui arriver plus facilement , embrasse le ue les expressions de la patrie, ce n’était qu'un asse et de leu@ harme de plus qu’il ajoutait, sans s’en rendre ed au repas dk compte, aux élans de dévouement que son pays lui soulève, MÊME; spirait.… Il dépeignait les difficultés et les périls > jeûne, devan lle ses missions avec une réalité simple et sublime, ours blanc Ales consolations avec une charité ardente…. » , IUest NÉCGE À Lyon, il occupa, trois jours consécutifs, la chaire . di doit g88n le Saint-Nizier, et ne cessa d’intéresser l'élite de la d'être écouciété lyonnaise. L’auditoire allait toujours croissant, si bien que les deuxième et troisième jours on nombre de personnes ne purent entrer dans ‘église. Il faut l'avouer à son éloge, la Gazette de Lyon n'avait pas peu contribué à former ce nomreux auditoire, en annonçant ainsi le pieux missionaire :
.« Le P. Laverlochère, missionnaire oblat, qui, lepuis huit ans, évangélise les sauvages des réions polaires dans le Haut-Canada, est arrivé en rance, il y a quelques mois, et se trouve de passage n ce moment dans notre ville. Il va s’embarquer de ouveau, les premiers jours de mars prochain, pour > l'Amérique WE oindre ses chères tribus. Il a bien voulu céder aux
l'apôtre de À ail part avé eues de là co ucune bête d ons glacées, prêtre altclle re e qu'il CON er lhumie tt : Maison de |
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instances qui lui ont été faites pour donner quelques discours sur ses intéressantes missions.
» Déjà le P. Laverlochère a fait entendre sa parole dans quelques villes du Midi, où il a électrisé de nombreux auditeurs par des détails aussiintéressants que curieux, sur ces peuplades auxquelles il faut E tout enseigner et qui vivent une grande partie de l’année ensevelies dans la neige, blotties dans des huttes de glace, se nourrissant d’ours blancs et de castors. »
Le même journal fit. connaître en ces termes les
“ultats des prédications du missionnaire :
« Le P. Laverlochère a terminé mardi, 18 février, comme il l’avait annoncé la veille, en finissant, ses intéressantes narrations apostoliques. L’affluence n’a pas plus fait défaut que les jours précédents ; maisle vertueux missionnaire s’est encore surpassé en récits pleins d'intérêt, en accents chaleureux, en exhortations admirables. Sur la fin, quand le missionnaire, après un discours de deux heures, a fait ses adieux à six mille auditeurs, il n’est pas un cœur qui n’ait été profondt. ment ému, pas un œil qui ne se soit mouillé de larmes. Rappeler à ses auditeurs le prix inestimable de la foi et les engager à accroître le nombre des associés à l’'Œuvre de la Propagation de la Foi, qui contribue s efficacement au soutien des missions câtholiques, te était le double but que se proposait l’apôtre des sau vages canadiens. Il est probable qu’il aura atteint c
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Le Père n’eut qu'à se louer des bontés de tout le personnel du Conseil. Ces messieurs tinrent une assemblée extraordinaire à son occasion et lui allouèrent 2,000 francs pour payer son passage à bord du bateau à vapeur, à condition qu’il passerait encore quelques jours en France. Au Grand Séminaire, où il était logé, il adressa quatre fois la parole aux séminaristes, à la lecture spirituelle, jetant ainsi « la semence apostolique » dans le cœur de 220 élèves. Le vénérable cardinal de Bonald lui proposa de parcourir toutes les villes de son diocèse, et il regretta vivement que le Père n’eût pas au moins parlé aux ouvriers de la Croix-Rousse et de la Guillotière.
De Lyon le missionnaire se rendit à Nancy, où il prêcha deux fois dans la principaleéglise. L'Espérance s'exprima ainsi: « Le P. Laverlochère qui, du haut de la chaire de notre cathédrale, captivait, ces jours derniers, son immense auditoire, du dramatique récit
e ses travaux apostoliques, s’est fait entendre lundi à Saint-Sulpice. Comme ici, comme partout, ce véné-
rable missionnaire a vivement ému les fidèles en leur racontant les fatigues et les merveilles de ses misères parmi les peuplades indiennes de l’Amérique du Nord. Pendant huit ans, ce missionnaire a parcouru ces régions glacées et désolées, et il a dû se familiariser avec plusieurs idiomes différents. La grâce a accompagné ses efforts : de nombreuses familles sauvages ont reçu le baptème de ses mains, et souvent dans ces circonstances merveilleuses dont le récit est la plus grande édification des chrétiens qui ne peuvent avoir la consolation de prendre une part active à ces rudes travaux réservés aux amis privilégiés du Sauveur. »
lèles en leur » ses misères que du Nord.
couru ces refamiliariser âce à accom- Iles sauvages souvent dans cit est la plus >euvent avoir re à ces rudes lu Sauveur. »