TUE
sa cellule à l'heure du lever. Le P. Supérieur lui envoya un frère convers pour le prier de descendre au plus tôt, afin de se trouver prêt pour la messe de six heures. — « Mais c’est moi qui chante la messe aujourd'hui! » s’écria-t-il. — « Non pas, ajouta le frère, le P. Supérieur en a décidé autrement. » Docile comme un novice, il se rendit aussitôt à la chapelle pour y célébrer les saints mystères.
Le P. Laverlochère aimait passionnément l’exercice du saint ministère et les cérémonies religieuses. Il était d’une exactitude ponctuelle à se rendre au confessionnul, au catéchisme des enfants, ou auprès des malades. Prêcher, c'était son grand bonheur. Avec quelle bonne humeur 1l s’acquittait de ce devoir! Ses instructions étaient toujours préparées. Mais il avait trois redites qui revenaient sans cesse, et qui le mettaient à l'abri de tout reproche, quand sa mémoire lui faussait compagnie : le Très Saint Sacrement, notre Mère Immaculée, et ses bien-aimés sauvages. Quelque maigre que fut son auditoire, il prenait la parole quand même. Comme saint François de Sales, il aurait volontiers prêché à trois personnes seulement. N’avait-il pas maintes fois sacrifié sa vie pour une seule âme ?
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Les pompes du culte le mettaient aux anges. « Le jour de l’Assomption, écrivait-il de la Rivière-au- Désert, nous avons eu une magnifique procession, à laquelle se trouvaient environ cinq cents personnes. À notre grande joie, la statue de Marie Immaculée était portée par les représentants des trois nations qui forment notre Congrégation catholique. Des protestants y étaient venus, et ils ne pouvaient s'empêcher d'admirer cette cérémonie toute papiste, où trois. peuples ne formant qu’un seul cœur, marchaient pieusement à la suite de l’image de celle que nous appelons à si juste titre : Notre bonne Mère! »
Un des objets particuliers de sa foi, une des vérités. pour lesquelles son cœur, naturellement sensible, ‘attendrissait plus vivement, était le mystère de Jésus vrésent au Très Saint Sacrement. Lui, se préparait. chaque jour à bien mourir, voyait dans Jésus-Eucharistie le modèle de la mort à soi-même et à toutes les inclinations de la nature; lui, le prêtre-missionnaire et le missionnaire Oblat, voyait dans Jésus- Eucharistie le modèle de la vie sacerdotale et apostolique, car Jésus dans son Sacrement vit d’une vie mystérieuse et sublime, il s’y donne aux âmes et les vivifie. Chaque jour il se ménageait quelques instants pour aller lui offrir ses hommages. « Il n’y manqua
jamais, » nous assure le R. P. Mounier. Redoutant les divagations de l'esprit et de l'imagination, il se servait habituellement, dans ses visites, du petit manuel de saint Liguori. Dieu sait combien était fer. vente sa prière à Jésus pour les âmes, pour sa Congrégation, pour ses bons parents, pour l’église entière, pour les pécheurs particuliers dont on lui confiait la garde. Ces visites, cela va sans dire, s'ajoutaient à ses trois quarts d'heure de méditation et à sa demiheure d’oraison qu’il faisait régulièrement matin et soir devant le Très Saint Sacrement. Oh! les saintes pensées, les suaves émotions qui agitaient pieusement son âme en ces heureux moments ! Ses visites au Saint- Sacrement se renouvelaient, en quelque sorte, maintes fois dans la journée, car, passait-il devant la porte de la chapelle, il s’agenouillait, autant que son infirmité le lui permettait, et faisait une courte adoration. Guidé par sa foi et sa piété envers Jésus-Christ, il} a offert le saint Sacrifice de la Messe jusau’à ce que les forces lui aient fait défaut. Là, à l’autel, son amour pour Jésus en faisait un digne prêtre. Rien de trop précipité. Il ne croyait point que les précautions pour éviter les moindres fautes, que l’attention et la vigilance sur son propre cœur pussent être portées À l’excès. Il se préparait à cette grande action par à contrition, par l'accusation de ses fautes, par des acted de foi et d'amour, et il ne se retirait de la chapellé qu'après avoir épanché son âme dans des actions di
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