MISSIONNAIRE PORTANT SA MALLE
rers menus objets ; l’autre un sac de farine, celuilun baril de lard, celui-là un poêle ou d’autres artiès de ménage ; les femmes, car il y en avait aussi ielquefois, portaient ce qu’elles pouvaient ; et enfin, sux ou trois hommes, tenant le bout d’un câble lidement attaché à l’embarcation (quand c’était une irge), la remontaient ainsi dans le rapide le long ss bords, dans l’eau jusqu'aux genoux, sur des lits à cailloux, sur les escarpements ou les pentes glisntes des rochers, à travers les taillis et les brousilles emmèêlées, et tout le temps occupés, par-dess toutes choses, à empêcher le choc des billots que rapide emportait avec lui dans sa course irrésisble. »
« Le soir, continue la relation citée plus haut, apossible de pouvoir dormir, étant continuellement cupés à nous défendre, par la fumée que nous faipns de tous côtés, de la guerre que nous faisaient s petits animaux, ces petites mouches fort piquans, dont le nombre paraissait infini et qu'on nomme oustiques, maringouins… Quelquefois nous étions ns la vase jusqu'à mi-corps... Nous saluons, ce htin, cette nouvelle terre où Dieu nous a bien voulu induire par des chemins remplis de croix. »
(Quant aux tribus que le P. Laverlochère allait
évangéliser, 1l savait quelque chose de leur caractère de leurs mœurs, de leurs bonnes et mauvaises qui lités. Voici ce qu'il en dit à Mgr de Mazenod : « L tableau que le bon P. Flavien (1) me fait des peu plades qui doivent nous échoir en partage, est vral ment effrayant. Inconstants, paresseux à l'excà d’une malpropreté dégoûtante, et cependant telle ment orgueilleux qu'ils ne se nomment pas autremer qu'Anichinabek, « les hommes par excellence » n'ayant pour ainsi dire aucun sentiment humain voilà quelques-unes des qualités qui distinguent le Algonquins. » Mais: ajoute-t-il aussitôt : « Commen pouvoir ne pas s’attendrir sur le sort de tant d’âmes Il s’en trouve parmielles de si généreuses à marche dans la bonne voie, une fois qu'elles la connaissent Le bon P. Flavien, qui a passé quatorze ans parn les sauvages, me racontait dernièrement le trait sul, vant : « Ayant appris, par la rumeur publique, qu’uni de mes jeunes chrétiennes était tombée en faute € avait fait périr son enfant, je fus d’autant plus surprilé qu’elle avait mené une conduite édifiante. Comm dans la primitive Eglise, c’est la coutume chez no nouveaux chrétiens, d’expier publiquement une faut publique : j'exigeai donc qu’elle demeurât dura quinze jours, c’est-à-dire tout le temr: de la mission à la porte de l’église, dans une posture humiliante
(1) Le P. Flavien Durocher, un des premiers prêtres canadien entrés daos la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée.
enod : « I,
posée aux insultes de tous les sauvages. Elle me manda la raison d’une telle épreuve, car elle était ut-être la seule qui ignorât le mauvais bruit qui urait sur son compte ; or, lorsque je la lui eu fait nnaître, elle frémit d'horreur et me dit : « Père, à t’a trompé. Je les plains beaucoup ceux qui ont t cela. Crois-tu donc que j'aie le cœur plus dur que lionne ? Père, depuis deux neiges et la moitié
une neige (deux ans et demi) tu m'as enseigné la
ère du grand Manitou. Il est juste, le grand Maniu. Tu me commandes une chose bien dure. On me oira coupable ; mais je veux t'obéir. » Une inquiéde mortelle agitait mon cœur : je craignais de bumettre une innocente à cette terrible épreuve ; en ême temps j'entendais les cris publics d’indignaon contre la prétendue coupable. La pénitence eut
Beu. Quelques mois après, une malheureuse femme,
échirée par le remords, avoua publiquement que était elle qui par jalousie avait si odieusement
lomnié cette fille. Pressée de se réconcilier, elle la
> Immaculée.
t appeler, lui demanda pardon en versant d’abonantes larmes. L’humble fille lui pardonna et l’emrassa affectueusement. Ensuite, voyant combien le rêtre était dolent d’avoir écouté trop facilement la ilomnie, elle le prévintet lui dit : « Père, sois sans iquiétude, je n’ai jamais été fâchée contre toi. Je avais bien qu’on t’avait trompé. Père, tu es toujours jour moi le chef de la prière. »
Voilà, en général, le théâtre, voilà les difficultés voilà le sol à défricher, ingrat peut-être, mais noi sans espérance. C’est dire qu’il y faudra déployer w courage héroïque. Mais n’anticipons point, laisson aux évènements le soin de nous montrer le rayon nement de cette vertu dans notre missionnaire. Sache tout de suite que le champ assigné au P. Laverl chère par Mgr. Bourget, dans le diocèse duquel : travaillait, s’étendait de Montréal à la factorerie d Moose sur la rivière Albany, dont le nom rest comme indissolublement uni à celui du missionnaire C’est sur cette ligne jusqu'à la baie d'Hudson qu nous aurons à le suivre. Toutefois sa bienfaisant! influence a dépassé de beaucoup ces limites : car le sauvages accouraient des distances les plus reculée pour le rencontrer aux divers postes où il les atten dait.
il les atten