‹ Le père Lefebvre et l'Acadie [microforme] (volume 2)Chapitre 13 sur 55 · RE A · texte numérisé non relu

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points des provinces maritimes, sont pauvres, isolés, disséminés sur une très grande superficie ; et puis, un courant d'immigration a amené d'Irlande et d’Ecosse un certain nombre de colons catholiques. Myr Plessis, évêque de Québec, incupable d'administrer la confirmation dans un diocèse presque aussi vaste que l’Europe, demande à Rome et obtient un évêque pour les provinces d'en bas, Mgr Edmond Burke, désigné pour être vicaire apostolique de la Nouvelle-Ecosse, est onsacré, à Québec, le 5 juillet 1818 : et bientôt après, le 12 janvier 1819, M. McEachern est fait suffragant et coadjuteur de l’évêque de Québec pour les provinces de l'île du Prince-Edouard et du Nouveau-Brunswick.

Dans l'établissement des nouvelles provinces ecclésiastiques, quoiqu'il y eût toujours des prêtres d'origine française de mérite et de distinction en Acadie, et que les Acudiens euxmêmes fussent pour le moins aussi nombreux que les Irlandais ou les Écossais pris séparément, personne, ni à Halifax, ni à Charlottetown, ni à Québec, ne songea aux descendants des proscrits de 1755. Au point de vue de la nationalité, ce dernier coup devait leur être fatal. Sans état civil, on peut bien le dire, ils se voyaient également ignorés comme corps duns l'Eglise catholique. Ce dernier soutflet leur fut plus sensible, à eux qui avaient déjà passé par tous les déchirements de la flagellation, que la perte de leurs biens, que la déportation elle-même. Avec les Polonais désespérants, ils pouvaient s'écrier : “ Dieu est trop haut et la France trop loin !”

Que l'Angleterre, quand il s'agissait d'eux, n'eût tenu aucun compte des traités ni du droit des gens ; que leurs propriétés eussent été confisquées et leurs pères dispersés en exil, cela ne les étonnait pas outre mesure, venant de leurs ennemis héréditaires, les Anglais protestants. Mais ils ne pouvaient se résigner à voir l’Eglise aussi se détourner d’eux et donner à d’autres leurs places au banquet, ni concevoir qu'elle comptât pour rien le pays par eux civilisé, les tribus sauvages converties à la foi catholique, aussi bien que le sacrifice volontaire qu'ils avaient fait pour elle de leurs biens et de leur vie, puisque, en effet, ils n'auraient eu qu’à répudier leur foi et'à se séparer

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