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Pau cocation religion Peter Don entree Sant Laurent en DNPTTI Novioint léprre ANS Lu pauvreté, l'obissaunne et la clinatets Etat hmble 64 obama CET ES LS LP l'eofeasion vel)
NIET So ordination fn protrin
rene quelque obscurité sur In periode de a vie du Pi Le fobure s'étendant depuis sa sortie de l'école de Saint Cyprien dun son entrée à Snint Laurent Les renseignement (que ju pu reeneillir sont légerement contindictoires Su more avait épousé, en premieres noces Jonn Baptiste Mouin De ce premier mariage ébnient nés deux enfants Anbroise et Flavie Quand mourut Son second nur, Louis Lotbvre elle resta. conne Nous Pavons vu, seule avec Camille dors age de quinze ans, duns une situation de fortune assez procure, Flavie avait épousé Médurd Demers Celuiei s'en pre de recueillie ln more et le jeune homme qui demen Brent avec lui Cnille Jusqu'i son entrée en religion, et sa Mere jusqu'à su mort,
Les conditions pénibles dans lesquelles Ses études avaient ét: poursuivies: cette existence retirée et inéditative quil dflcctionnnit: vos inquiétudes POUrF son avenir et celai de ga More, et surtout la solution du redoutable probléme de sa Vocation, avaient sérieusement compromis sa santé [l était fluct et pale, à Vingt ans: ses joues étaient émncites et, sous ses lorts sourcils superbement arqués, sous su chevelure d'é ben quelque pen néglivée, sa figure douce et pensive, illuminée d'un sourire facilement. moqueur, [ui donnait un air de Jeune lévite altéré des autel FH fera un prétre
“disaient les Éénines en le voyant passer, songeur, au travers du hameau. Sa Vocation l'obsédait. S'il eût Fait ses études dans un col.
lège ordinaire, rien n'eût été plus facile pour lui que de tixer. Son directeur spirituel lui eût indiqué sa voie: pou devenir religieux, il lui eût suffi d'entrer dans un noviciat pour être prêtre séculier, de s'entendre avec son ordinaire Mais Camille, quoique à peu près aussi instruit qu'un élev de petit séminaire, n'avait pas fait d’études au sens donné à ce mot au Canada: il n'avait pas passé huit ans dans collège, et il était sans ressources pécuniaires.
L'avenir s'étendait devant lui comme une mer jimminse qu le sollicitait : mais il était semblable à un marin retenu sur! plage faute d'un esquif. Sa vie dépérissait à regarder lhorizo
bleu et à réprimer les élans de son âme.
I'avait, comme tout le monde, entendu parler des Jésuiti
et des choses que ces hommes prodigieux font. Dans une ces poussées que donne, à vingt ans, un premier enthousiasn
il se décida à demander son admission dans leur ordre. Ces
au moins ce que nr'affirme M. Demers.
Je le conduisis moi-même dans ma voiture, me dit-il Montréal, et le laissai dans le parloir du collège Sainte-Mari
Mais il ny resta pas longtemps, un mois environ: il <e
revint à la maison sans jamais nous dire pourquoi.
Avait-il réellement songé à se faire Jésuite 2 Cela est tre possible, Le rêve d’un jeune homme ardent est plus vaste qu ne le sera Jamais sa carrière future : il vise surtout les so:
mets inaccessibles et les étendues sans limites. A vingt an
Alexandre dut rêver li conquête de plus de royaumes qu n'en subjugua dans la suite :
mort, avait sans doute moins converti d'intidlèeles à Dieu qu n'avait cru possible de le faire dans les enthousiasmes de < trente ans.
L'ordre de saint Ignace de Loyola ne convenait pas à nature et surtout à la mission du P. Lefebvre, En tout cas, : études, où plutôt son défaut d'études, lui en auraient pour: longues années fermé les portes.
Le R. P. Réze croit qu'il n’alla chez les Jésuites de Montre
que pour y suivre une retraite, Cette version aussi est pr
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et saint François-Xavier, à:
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On a également prétendu qu'il était entré, pendant quelque temps, chez les frères de la Doctrine chrétienne. Cectt opinion subsiste encore à Saint-Laurent et à la Côte-des-Neiges, Apres de sérieuses recherches, Je me crois en état de pouvoir atirnmer qu'il n'en est rien, Il n'est jamais allé chez les Frères et n'en à Jamais manifesté le désir. La regle des Frères leur interdit d'être prêtres, et Camille se sentait mystérieusement attiré vers les saints autels. Il ne se l'avouait pas à Juiméme (qui peut se croire digne de célébrer les divins mystres ?) : mais, de quelque côté qu'il se tournât. l'aimant de son âne Sorientait toujours dans la direction du pôle lumineux qui l'attirait.
Revenu auprès de sa mère, chez M. Demers, il se montra plus songeur encore qu'auparavant, et reprit ses longues pro- Menades au bois. Non âme COMMENGAIL inême à s'ouvrir au découragement, quand il apprit qu'une communauté de religieux, nouvellement établie à Saint-Laurent, offrait à l'ad: mission des postulants de grandes facilités Voici à quelle occasion.
Sur les conseils de sa mére, il avait entrepris un pélerinage à auinte-Anne de Varennes. Ces sortes de voyages, à cette époque où les pèlerinages à bénéfices, douillettement em- Ménages en chemin de fer, n'étaient pas encore à la mode, se faisaient péniblement au pied du pèlerin, Camille y alla, seul ou de compagnie, dans un grand recucillement. Il communia ét pria de toute l’ardeur de son âme. Il ne demandait pas un Miracle, mafs il soÎicitait, par l'intercession de l'aïeule de Crlui qui se déclare être lui-même “ la voie” un peu de dinicre pour bien connaître sa vocation.
Dans une hôtellerie où il s'était arrêté, au retour, un journal Jui tomba sous les yeux, l« Minerve de Montréal, où il était ännoncé que les RR. PP. de Sainte-Croix offraient de faire terminer leur philosophie, où leur théologie, à deux ou trois Jeunes gens qui s'engageraient en retour à faire quelques heures de classe quotidienne à leur collège de Saint-Laurent.
: Cette annonce du Journal le frappa comme une grande Winicre éblouissante, Il y vit le miracle de la bonne sainte
MP du ed na er RS MA one Ge
Anne, et n'eut rien de plus pressé que d'arriver à Saint-Plii. \p lipppe et d'annoncer lheureuse nouvelle à sa mère. Tout l éntier monde tomba facilement d'accord : sainte Anne ne s'était-ell > PI
pas déclarée 7 C'est en juillet qu'avait eu lieu le béni pèleri. $es fris nage: au mois d'août suivant, Camille partait pour Saint. éinon | Laurent, conduit par son beau-frère, celui-là même qui déjà * Annéric l'avait laissé, l'hiver d'avant, au parloir des Jésuites. Cett. piconn il ne Sen revint pas. Les conditions d'entrée furent gicuses arrêtées à li première entrevue. IT devenait postulant tiques, Médard Demers payant sa dot, qui consistait en une soutanr Anglet passait en 1852, et Camille avait alors vins gvant |
fois-ci
neuve, Ceci se et Un ans. qu enve L'ordre religienx dans lequel le P. Lefebvre avait ent gérieuse trouvé à entrer était la congrégation de Sainte-Croix, fonde gole. en 1820, par l'abbé Dujarié, curé de Ruillé-sur-Loire, au die Le n cese du Mans, en France, et détinitivemient organisée, en 1S5 foven à par son successeur, l'abbé Basile Moreau. Ses statuts furent des fove approuvés par le Naint-Siève, en 1857. Dès son début cett Rcictés communauté, qui répondait à un besoin urgent de la Franc parmi le redevenue catholique, prit une rapide extension: ses membre ft libre se multiplièrent et ses maisons surgirent, sur divers points d! program rovaume d'abord, pour rayonner ensuite dans l'Amérique di @t Cana Nord et aux Indes orientales, Maur, C'est à la demande de Mgr Bourget, alors évêque de Mont éligioux réal, que ces bons religieux envoyeèrent, en IS47, un essaini d: Ypais pa leur ordre fonder, à Saint-Laurent, un collèce et un novicit éfsei na dans une maison que leur cédait l'abbé Saint- Gerrfhi ain, curé d um la paroisse. Ils n'étaient établis au Canada que depuis cin tion, la ans, lorsque le P. Lefebvre vint demander et obtint son admis D lours
du mond
sion chez eux.
Aïnsi, après bien des tâtonnements, bien des incertitude pfochain bien des angoisses, le fils cadet de Louis Lefebvre et de Ver hmaines nique Bouthillier avait enfin trouvé sa voie, et il y entrait Dieu celà
ST £ n . 0 comme le veut l'Evangile, sans regarder en arrière. 1 laissi h@mmes ? aux soins de son parent, sa vieille mère, qui lui avait dit en :têmps le :
bénissant : * Va où Dieu t’appelle !” légal du MOI une
Saint-Pl e, Tout | s'était-ell éni pelert our Saint de qui dejà ites, Cett trée furent
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A partir de ce jour, Camille Lefebvre appartiendra tout entier à la religion et aux œuvres de la religion.
Se désintéressera-t-il, à cause de cela, de son prochain, de 8e: freres / Nullement. Il deviendra même un des plus grands,
Sinon le plus grand, des bienfaiteurs de la race française en :Ancrique.
C’est à tort que l’on persiste, en certains lieux, à Méconnaitre les services que rendent les communautés religicuses aux sociétés modernes, à les taxer de corps parasitiques. Que nombre de couvents d'hommes et de femmes, en Angleterre et en Allemagne, avant la Réforme, en France. dvant In Révolution, aient ouvert leurs portes aux abus qu'engendrent l'opulence et loisiveté, personne ne songe Sérieusement à le nier, rèule.
: Les monastères furent, dans le principe, et durant tout le
Mais l'exception n'intirme pas la
Boven âge des asiles de prière et de paix, en même temps que des foyers de science et de civilisation. Aujourd'hui les Sociétés religieuses monopolisent, en Europe et en Amérique, parmi les populations catholiques, l'enseignement secondaire êt libre :
Programmes d'études et des méthodes d'enseignement suivis au Canada, sont, au point de vue de la discipline et des murs, bien en avant des universités laïques. Les corps réligieux, depuis les contemplatifs de sœur Caouette et les
et leurs écoles, quoi qu'on puisse d’ailleurs penser des
Vrais pauvres de saint François, jusqu'aux communautés eébseignantes de nos villes et de nos campagnes, sont véritablenent des institutions de bienfaisance. L'Eglise, la civili- Stion, la société, leur sont redevables de leurs plus grands. dé leurs plus purs triomphes. Il n'est pas vrai qu'en S'isolant du monde ils s'affranchissent de la grande loi de l'amour du Prochain et de l'obligation de porter leur part des charges hütnaines,
Dieu, cela est vrai: inais qui peut ici-bas séparer Dieu et les
Ils cherchent avant toutes choses le royaume de
hômines / Qui peut servir le premier sans se faire en même
têmps le serviteur des seconds ? Le second commandement est , . . re . .
Véoal du premier, Saint Vincent de Paul disait : * Donnezmoi une personne qui borne son amour en Dieu seul, et
RAA RE et li nai dla Gen asian asc d ut mnraitrate tee es
donnez-m'en une autre qui aime aussi son prochain, le secon : Pur ee arr
de ces deux amours est le plus parfait.” De son côté san: con)
François d'Assise n'hésite pas à déclarer “que l'amour à b; le
prochain est le prolongement de l'amour divin.”
Pour le P, Lefebvre, comme pour tous les saints, lesque. furent en méme temps des bienfaiteurs de l'humanité. second des deux grands commandements de lamour étai vraiment l'écal du premier, I aima Dieu de toute l'ardeur son cœur: mais aussi quelle large place il fit, toute sa vie, l'amour de ses freres! Après Dieu, deux grandes affection saintes se sont partagé : toute sa vie la congrégation de Kaïnt Croix et, plus tard, ia nationalité acadienne. [est peut-êt la plus pure gloire de la première il est certainement le pli erand bienfaiteur de la seconde.
Dès son entrée à Saint-Laurent, il revétit la soutane, pr de la dot que lui avait fournie son beau-frère. On lui don une classe de français à faire, et il eut en même tempst professeur pour ses études théologiques. Ses succes com professeur furent marquants. J'ai pour en témoigner une nu écrite de la main d'un homme qui ne prodiguait pas les élogi le R. P. Gastineau : “IT faisait la classe avec beaucoup : succes.”
Un de ses éleves, journaliste éminent et aujourd'hui hist rien distingué, tout derniérement encore me parlait de | avee émotion. “Nous l’aimions, me disait-il, et il nous fais aimer ce qu'il nous enseignait.”
C'est là tout le secret de la pédagogie.
Sa classe quotidienne terminée, et les devoirs de ses élet
consciencicusement examinés et corrigés, le postulant se jeti avec toute l'ardeur de ses vinet et un ans et son es 4 dévorant d'apprendre, à l'étude de la théologie, étude qi ; commença dès son entrée à Saint-Laurent et qu'il poursui avec distinction toute sa vie.
Il semblerait aux personnes du monde que ce jeune r cieux, tout absorbé dans les travaux de l'enseignement, di
CE Mdit lui l'étude et la priere, eût entin trouvé le grand repos de li Épuu . . . , 4 . % "e auquel il aspirait deputs si longtemps. C'est le contraire # saura |
n, le secon n coté sain l'unour d
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amour étal e l'ardeur oute sa vie, les affection on de Saint:
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soutane, pr On lui don ème temps succès COM jyner une NU pas les élog:
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4 la vie des saints, — je m'adresse ici aux laïques commie 1 tv . l l Fe | < mot, et vous serez étonnés de voir par quel creuset ieu fait passer les À “li ï r
eu Haut priissel les fines d'élite qu il destine à la gloire I la
Le P, Lefebvre à 22 ans.
Idit lui même: For s'é me: Por S'épure par le feu. Le cœur de l'homme
»sépure dans la s vi ‘etui l | ns la souffrance, Celui qui ne sait pas souffrir ne
“saura Jamais ahner,
ne
La douleur est le pain et le vin dont Dieu nourrit d'aborl ceux qu'ilappelle aux joies de son festin : et il mesure presqu toujours leur puissance d'amour par leur capacité et em volonié de souffrir pour lui. Quelques-uns ont volontairement recherché la souffrance comme un besoin de volupté : d'autres l'ont simplement acceptée avec un grand courage ! mais tout prédestiné à rencontré sur sa route un calvaire. Pour le Fil de FHomme, plus capable d'aimer, et, par conséquent, souffrir, que les autres hommes, le Calvaire à été précédé dn Gethsémani, où la souffrance fut si grande qu'elle S'échappa eu sueurs de sang.
Les deux années de noviciat que le P. Lefebvre passa à Saint-Laurent furent peut-être les plus douloureuses de vie. Dieu qui, sans doute, le voulait ainsi, avait suscité pour l'éprouver, un excellent religieux, animé des meilleures intentions, mais pour qui le caractère du jeune postulant était uni énigme qu'il ne sut jaunais comprendre, Le brave homme était persuadé, en son âme et conscience, que Camille Lefebvre faisait fosse route en entrant en religion, que le monde était sa vocation, Îlentreprit, avec beaucoup d'indélicatesse et di zèle, de le remettre dans la bonne voie, et inconsciemment « tit son persécuteur.
I n'y a pas de doute que les allures du jeune Lefebvre pre taient à des malentendus. [arrivait frais émoulu des champs où la liberté se respire à pleins poumons, où les formes obstquieuses sont inconnues. La base de l'édifice religieux, che tous les moines, cest là pauvreté, la chasteté et lobéissanc
La pauvreté de Camille n'était pas douteuse : une soutan constituait tout son apport matériel. Et ce n'est pas dans à dessein d'amasser Îles biens de la terre qu'un homme courageux relativement instruit et rempli de talents, entre en religion. à vingt et un ans. Pauper spirit il l'était et le fut toute sa vi
Sa chasteté, mise à l'épreuve au milieu de la jeunesse dl Saint-Philippe, avait brillé, pour employer une suave imas biblique, comme Île lis parmi les fleurs. Il était chaste ct modeste, et jamais aucune parole malsonnante n'était tombe
de ses lèvres.
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lui, à Hess pli d habit tiers d'exe revles Iona de Th Dar l'hum formes depuis humil “ones “qui le lite et Che; preuve ni abs Mient r Bance :
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14 d'abord re pr'esqu 6 et leu atairement 6: d'autres mais tout our le Fils équent, di précédé «ln échappa ol
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Des trois pierres angulaires de l'édifice religieux restait lobéissance, Ce fut pour lui, où peu s'en fallut, la pierre d'achoppement. Non pas qu'au fond de son âne il ne fut humble et d'une grande soumission : mais son obéissance, à lui, ne ressemblait pas à celle des autres postulants. Sa jeunesse ne S'étaié pas passée dans un pensionnat, où un certain pli d'échine se contracte souvent de bonne heure : où certaines habitudes ostensibles de snbordination se manifestent volontiers en toutes occasions et deviennent, après quelques années d'exercice, des affaires plus où moins de routine. Etranger aux revles du grand saint Benoît et des autres maitres de la vie monastique, il n'avait aucune idée théorique des douze degrés de l'humilité.
Dans un cloitre, chez un postulantc à la vie religieuse,
l'humilité, qui constitue le fond de lobéissance, prend des formes extérieures déterminées. Cela faisait dire À un ascète,
depuis longtemps canonisé, que pour un religieux, humilité et humiliations cest tout un. C’est ainsi, par exemple, que les moines font entre eux l’aveu publie de leurs coulpes. Ceux “qui le font sont, sans aucun doute, des âmes remplies d'humi-
“lité et assoiffées d'humiliations.
Chez les personnes du monde, où qui en arrivent, cette preuve d'humilité, étant tout extérieure, n’est ni concliante ni absolue. En tant que preuve, elle ne vaut même générale-
ment rien. Îlen est pour nous de l'humilité comme de lobéis- “sance: certaines formules extérieures ne la constituent pas toute.
Pour ma part j'ai appris à me méfier de l'homme obséjuieux, et qui répond toujours: oui, oui, «en, «men ! de
J'homme toujours prêt à se trainer aux pieds de ses sem-
bites, surtout de ses supérieurs hiérarchiques. Souvent, à tr. avers les professions de foi les plus serviles, le rayon
Frthodique révèle à l'œil exercé un fonds de dissimulation : et l'homme qui, en présence de son semblable ne sait pas être, 4 se montrer, au besoin, égal à lui, fouillez bien son âme et ous la trouverez vide de caractère viril, sinon remplie de Le. native.
Eu
L'humilité, comme la beauté, comme l'amour, doit être dans le cœur d'abord : ones pulchritudo ab intus: et lobéissance méme l'obéissance monacale, n'est qu'une forme de l'humilité Celle-ci ne doit jamais être une abjection du cœur: ce serait alors de la bassesse, !
Ajoutons, avec les moralistes chrétiens les plus autorisés qu'entre l'humilité et la chasteté il existe d'étroits rapports et nous arriverons sûrement à cette conclusion, qu'en entrant à Saint-Laurent Camille Lefebvre était aussi humble que le autres novices de son âge: mais il était humble comme 0 peut l'être dans le monde, et non pas à la manière perfec tionnée du cloître,
L'obéissance absolue est l'holocauste du parfait religieux. [s'y engage librement et pour toute sa vie par un vœu ir vocable, TT se dépouille de sa volonté comme d'un mantea qu'il ne lui est plus permis de reprendre,
I dit à ses supérieurs, comme Jésus à son Père : “Que vot volonté se fasse et non pas la mienne; et, fût-ce la mor même la mort de la croix, qu'on lui commande, il obéit *.
Serment redoutable, qui n'est légitimé que par cette cons dération bien formelle que, dans les ordres monastiques,
supérieur représente Dieu: et que c'est entre les mains: Dieu, et non pas entre les mains d’un homme, que le relicier remet sa liberté.
En raison même de sa sublimité, tous les hommes ne su pas appelés à faire ce sacrifice. Il constitue le conseil et n
vas le commandement évangélique. IT faut pour $Sv engas ] gendq k
1—' L'humilité n'est pas un abaïissement et les humiliations ne sont pas! ho.te,” dit le R. P. François, supérieur général de la congrégation de Sait Croix, dans sa Direction aux novices,
2—Règle de S, Benoît,
3—Sainte Chantal disait de «es filles ‘ qu'on pouvait les tordre comm mouchoirs, les prendre ou les laisser,les envoyer au bout de la terre, lesp surer, sans leur arracher un refus ni une plainte.” Et l’une d’entre elles, mère de Bréchard, déclarait à une amie: ‘Si notre Mère m'écrivait de
envoyer un de mes veux ou un de mes bras, j'arracherais l’un et ferais cou
‘autre pour lui témoigner mon humble obéissance,”’ Saint Ignace de Lo;
une teine!
Ve prod luniq Ce pi Dieme subst] de rec est rie d'expé épreuv de s'er ensuite Le n Jes coœtl Combat:
de la vi t Pars mal pré Sa Vie, j
Tout ét:
exige que ses sujets soient aussi dépourvus de volonté propre que l’est un cacdar co HInprent(
perinde ac si cadavera essent. C’est la première règle des Jésuites,
, être dun pbéissance lhumilite
ce serait
, autorisés JS rapports en entrant
able que es comme 0!
iere pertec
religieux.
on vœu Dr un mantei
“Que voti t-ce la mor | obéit *.
* cette Con nastiques,
les mains |
ie le religiet
nimes ne SOI
conseil et n
uw sv eng
3 ne sont pas! sation de Suit
tordre comm
m'écrivait de
uites.
néme passablement tombé en désuétudes
Le Ja terre, Les DONS he d’entre elles,
’unet ferais COS t Ignace de LoY A ue l’est un cad e
une forte volonté, fortitiée encore par une vocation manifestement surnaturelle,
Vendre ses biens, pour celui qui en a,et en distribuer le produit aux pauvres-—ce qui ne se fait plus guère—n'est pas l'unique pierre de touche du parfait religieux contemporain. Ce procédé de détermination et de probation religieuse est d'autres lui sont substitués. Parmi ceux-ci est le noviciat, deux, trois années, de recueillement et de prières, durant lesquelles le postulant est rigoureusement préparé à sa vocation par un homme d'expérience, appelé le maitre des novices, et assujéti aux épreuves les plis rudes et les plus diverses. A quoi servirait de s'engager dans des vœux si formidables, si lon devait, ensuite, le regretter et n'y pas persévérer ?
Le noviciat, c'est la veille de la bataille où l'on voit défiaillir Jes cœurs les plus vaillants, même ceux qui, le lendemain, combattront comme des lions. C’est l’époque la plus redoutable de la vie d'un religieux.
Par son éducation et ses habitudes, Camille Lefebvre était mal préparé à subir cette épreuve. Pour la première fois de
Ba vie, il franchissait le seuil d'une communauté religieuse.
Pout était nouveau pour lui à Saint-Laurent, les usages et les personnes, Pas de communion avec les autres âmes. Sa cellule était froide comme une pierre tombale : et pas un soutfle ami, pas une chaleur confortante n’y pénétrait des autres cellules. l se sentait isolé ; il était seul parmi ses frères.
+ Ce qui lui manquait c'était surtout un ami, un eœur pour ÿ épancher le trop plein du sien. Cette nature débordante, faite pour les enthousiasmes, souffrait de ne pas se répandre. Lucordnire, avee quiil a maints points de ressemblance, se trouva, à son entrée au séminaire de Saint-Sulpice dans un état d'âme remarquablement pareil. Il arrivait du monde, Gherchant Dieu et la paix du cœur dans la solitude du sémi-
Aire. Comme sa très profonde humilité n'avait pas les lures extérieures de lhumilité des autres séminaristes, on le ou va rempli d'orgueil. Ses supérieurs mêmes ne surent pas le Guiprendre : quelques-uns trouvaient qu'il faisait décidément
fausse route ; d'autres, moins sûrs de leur diagnostie d'änie se contentaient de faire reculer indéfiniment Ta date de son ordination, Sa patience eût fini par s'épuiser, où bien le dout: se fût emparé de sa raison, Si n'eût enfin trouvé dans M. Garnier, supérieur général de la Société, une âme sœur de son fine, qui le devina, puis le comprit, M Garnier fut, an séminaire, le conseiller spirituel ot l'ami Lacordaire le R. P, Rézé fut celui de Camille Lefebvre,
Heureux le jeune homme qui rencontre sur son chemin ur ani vertueux et éclairé et qui se fait de lui un compagnon de route ! Celui-là entrera dans la voie qui conduit vers les sommets, et ne s'en écartera point,
Sans lai haute direction spirituelle, sans la bienfaisante amitié du P, Rézé, la nature droite, mais excessivement sen sible du P. Lefebvre, eût succombé devant la série d'épreuves qu'il eut à subir au noviciat. Le découragement eût suceëd au doute dont il se sentait déjà envahi: sa vocation, vacillante eût été jetée hors de sa voie: une grande carrière eût 60 brisée, Le P. Rézé le prit doucement par la tn, lui montra d'un côté, les vaines joies du monde qu'i it quitté, d l'autre, les âpres jouissances de la mortification de l'esprit ct de ‘à chair, le monde dont la pente est douce et la fin incertaine, le Golgotha dont l'ascension meurtrit les pieds et ensanglante les chairs, mais élève au-dessus de la terre celui qui le gravit. Il fit entendre à ce jeune cœur, si riche en dons de l'amour, les appels secrets de Dieu qui conduit, dans des sentiers incompris des hommes, les âmes qu'il destine à la per: fection évangélique.
Il vit encore ce vénérable serviteur de Dieu, dont la soll: citude paternelle atfermit alors la vocation ébranlée de Camille Lefebvre,
Retiré à la maison provinciale de la Côte-des-Neiges, pre Montréal, il passe ses heures dans la priére et la méditation Je suis allé m'incliner devant lui, et recueillir de sa bouch des souvenirs de celui dont j'essaie de retracer la vie. Ces saint Bernard qui affirme que le serviteur de Dieu se divinis petit à petit? Ilest certain qu'en présence de lun de ce
Pie [A Saint de las deuxic In Vers de SHOViCia un che jonchés “Dieu, I “qu'à re Minterdi L'honm en que
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Neiges, pre méditation e sa boucli
à vie.
u se divin lun de ce
jonchés de plus de ronces que de roses.
LE l, LEFEBVRE ET L'ACADIE 39
Liotnitiies d'élection qui ont fui le monde pour se réfugier on Dieu, vous vous sentez saisi d'un respect étrange, que rien nexplique, Vous n'avez pourtant devant vous * qu'un roseau agité par le vent,un homme semblable aux autres hommes
Non, l'homme de Dieu n'est pas tout à fait semblable aux HUTres hommes,
Ce qui aujourd'hui frappe linterviewer du RP. Rézé, une
est urbanité parfaite, un langage châtié et élégant, une grande douceur de physionomie, Fil profond'et vivant, ctun sourire où perce une pointe d'ironie douce, le sourire de Pie EX. Ilétait, en IS52 et en IS54, supérieur du collège Saint-Laurent.
de la Sarthe, en
Néen France, a Sablé, dans le département EST 1 vint au Canada, en IS49, et fut le
deuxieme supérieur provincial de l'ordre en Amérique.
ne faudra pas se récrier sur le récit des épreuves au tra- Vers desquelles passa Camille Lefebvre, durant le cours de son
inoviciat à Saint-Laurent, Le cloître n'est pas le paradis: c’est Lun chemin qui y conduit, et les chemins du ciel sont étroits et
Où serait, devant
“Dieu, le mérite du moine, de l'ermite, du pénitent, s'il n'avait “qu'à refermer derrière lui les portes d'un monastère pour y interdire l'entrée de la douleur et des afictions de l'esprit ? L'honnne porte en lui le germe fécond de ses propres misères : “en quelque lieu qu'il se réfugie, le démon, plus sûrement
encore que le chagrin, Monte en croupe et galope avec lui.
Ce que le relivieux trouve dans le eloitre, c'est cette paix
que le monde ne saurait donner : mais encore ne la trouve-t41 pr toujours au premier abord, et n'est-elle, la plupart du
toups, que le fruit d'une victoire achetée au prix de longs et ponibles combats. Le noviciat est la veillée des armes du Chevalier de Jésus-Christ. Les natures d'élite, les intrépides Soul, peuvent en supporter l'épreuve. Le P. Lefebvre faisait 1 lors la sienne à Saint-Laurent,
Il ne faudra pas, non plus, se scandaliser outre mesure du fait que ses plus grandes contradictions lui vinrent de quelques-uns de ses frères en religion. Il n'est écrit nulle part que le sentiment des hommes ne doit point différer. Pour qu'il en fût ainsi, il faudrait que les hommes fussent absolument semblables les uns aux autres, qu'une âme ne différat point d'une autre âme, où que la vision béatifique les éelairat toutes à la fois. Ilen sera sans doute ainsi dans le royaume de lu laomière : mais ici-bas chacun marche à tâtons, suivant comme il peut son chemin. Les uns veulent prendre à droite, les autres à gauche. Combien de temps les disciples de Jean et ceux de Jésus ont-ils pu marcher d'accord ? Et saint Paul ne dut-il pas se séparer de saint Barnabé, ne pouvant plus s'entendre avec lui /
Les deux années de noviciat victoriensement terminées, f P. Lefebvre fit sa profession religieuse, à Saint-Laurent même le 1 novembre 1854 C'était le premier salvatoriste canadien entrant Gans la congrégation. Le fondateur du premier colleur acadien est le premier né de l'ordre de Sainte-Croix en Amérique.
Irrévocablement consacré au service de Dieu par les trois vœux redoutables de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, n'eut plus qu'un désir, désir violent, tempéré d’un grand ser timent de crainte : monter les deurés de l'autel, devenir prêtre
Mais la classe qu'il faisait, les études théologiques qu'il pour suivait en même temps, et les luttes intérieures qu'il avai eu à soutenir, avaient altéré sa santé au point que l'on « arriva à craindre pour sa vie. Le repos le plus absoln lui fut prescrit pour quelque temps. [tit même un voyage pour « eenté; mais je n'ai pas pu savoir où, si ce n'est de lun de se
sents, qui m'assura que c'était “sur la mer” L'océan es soin de Montréal, et, pour un cultivateur de Saint-Philippe d Laprairie, le lac Saint-Pierre, par exemple, à toutes les pro portions de la mer azurée,
Ce qui importe à notre narration, c'est que dans la quiétud d'âme du religieux confirmé dans sa vocation, la santé ébranle se raffermit vite. Quelques mois de repos suffirent, grâce à «
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solide constitutic ur le ramener, for 19 i L e constituti na, pour le ramener, fort et x Igoureux, quoique pale et fluet toujours, au poste de Saint-Laurent, où il ne tarda pas à entrer dans les ordres, Déjà, le 3 décembre de l'année précédente, il avait reçu la tonsure. Il fut fait sousdincre le 6 mai 1855, diacre le 2 juin, et enfin, le 29 juillet il fut consacré prêtre dans la cathédrale de Montréal, par Mur J. Larocque, coadjuteur de Mer Bourvet.
Sa mere, sa douce et pieuse mère, ne se trouva pas |
à pour pleurer d'attendrissement et le bénir:.
Dieu l'avait appelée à Jui, au mois de janvier de l’année précédente, à l’âge de
| (ml soixante et sept ans.
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