‹ Le père Lefebvre et l'Acadie [microforme]Chapitre 13 sur 77 · de Non cé, à l'oc · texte numérisé non relu

de Non cé, à l'oc

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LE P, LEFEBVRE ET L'ACADIE 57 Le second est celui du S janvier IS3S, et coinmence par ces mots : * Quelle misere !”

tendons parler que d'agitation, ete.”

Les * patriotes "n'y sont pas plus excommuniés que dans le precedent : mais nous y lisons ce qui suit: “Les rebelles savent les ordres que nous avons donnés à nos coopérateurs

de

Eglise, même à l'heure dé la mort, sans une réparation préa-

dans le saint ministère de n'adimettre aux sacrements lable, aucun de ceux qui se sont montrés scandaleusement rebelles, et de refuser la sépulture ecclésiastique à ceux qui mourraient sans S'être acquittés de cette juste réparation.”

I reste à savoir sices ordres,” dont aucune trace, parait il, ne se retrouve aux archives de larchevéché ! maloré leur supréme importance et pour le salut de l'âme des insurwés et pour l'honneur de leurs funilles, ont été répétés à Saint- Eustache, avant la bataille du 14 déceinbre ? Les plus anciens de la paroisse affirment que non. Des vieillards appartenant aux paroisses voisines, “bureaucrates aussi bien que “patriotes,” témoins de la bataille et que j'ai moi-même consultés, ne croient

pas qu'aucun mandement où “ordre” de Mer Lartivue, leur défendant sous peine de censure ecclésiastique de prendre les armes contre les autorités anglaises, leur ait été communiqué. IS n'ont su que longtemps après la bataille qu'ils étaient Le curé de Saint-Eustache, M. labbé Paquin, l'un des plus acharnés adversaires des *patriotes,” et

“hors de l'Eglise.”

qui s'est donné toutes les peines du monde pour montrer Chénier et ses compagnons sous un jour défavorable, n'en dit pas un mot dans iles Mémoires très circonstanciés et émaullés de pieces Justiticative:

D'un côté, il n'eût certes pas manqué de porter à la connaissance Ge ses parossiens en fermentation de révolte le mandement d'excommunication de son évêque, où toute injonction leur défendant sous peine de censure ecclésiastique de recourir aux armes: de l'autre, il eût certainement mentionné Île fait dans ses Mémoires (dont certains passages le montrent incons- @ictuiment, lui et son vicaire, M. Descelles, sous un jour flétris-

1--\f, le chanoine Archambault, chancelier, me dit que certaines pièces pour- Mau hien avoir été détruites dans un incendie,

sant) afin de prendre Chénier en flagrant délit d’insubord: nation religieuse. Ces Mémoires, écrits par lui où par «a vicaire sous ses yeux, sont un pamphlet dirigé contre Chénic “et les patriotes” canadiens.

Si l'hypothese que le décret de Mer Lartigue n'a pas ét porté à la connaissance des “ patriotes ” en temps utile est vrai sont-ils véritablement excommuniés / Leur mémoire, Fhor: neur de leurs familles, là justice, exigent que ce point «oi éclairei, et que réhabilitation soit faite, s'il y a lieu.

Il est une parole de Chénier que je trouve belle à légal du plus sublimes paroles que l'histoire met dans la bouche de héros.

Il ne restait à ses côtés qu'environ deux cent cinquant compagnons, quand la troupe anglaise, appuyée par ne pièces de canon, les cerna dans l'église. Plusieurs parmi le “patriotes” n'avaient pas d'armes. [ls en demanderent : Chénier.

Vous prendrez nos fusils à mesure que nous serons tu leur répondit-il, en souriant mélancoliquement.

À part la sublimité, il y à dans là réponse du héros « Saint-Eustache un accent de résignation qui fait songer « méme temps au soldat qui va combattre et au martyr qui: mourir,

C'est au milieu de cette atmosphère, moite encore du su, de ses concitoyens, que le P. Lefebvre exerça tout d'abord le charges de son ministère. Il n'y a pas de doute que ce qu les écrivains appellent “l'influence des milieux”? n'eut 1 profond etfet sur son caractère et n'y laissa ses traces. 1 l'ai plusieurs fois entendu parler des événements de 1S3 mais jamais aucune parole d'amertume, ni de blâme à ladres des * patriotes,” n'est tombée de ses lèvres. Il comprenait c qu'il y a de sacré dans l'homme qui verse son sang pour convictions ; il trouvait grand celui qui donne sa vie pour # frères: et, sans doute, il se sentait capable Jui aussi di

amour “fort comme la mort.” Dans le missionnaire de Saint-Eustache Ss'ébauchait, soi l'œil de Dieu, l’apôtre de F'Acadie.

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