‹ Le père Lefebvre et l'Acadie [microforme]Chapitre 15 sur 77 · Le Frère Louis de Gonzague en était le directeur · texte numérisé non relu

Le Frère Louis de Gonzague en était le directeur

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recevant l'ordre d'accompagner l'évêque dans sa tournée épiscopale et d'y précher, se résigna en baissant la tête et en protestaut de son insuffisance. On rapporte que saint Antoine, parlant en cette circonstance sur l'amour de Dieu, ainsi qu'on le lui avait commandé, tira de son cœur des accents si émus, Si surhumains, que les prélats, frappés d'étonnement et ravis jusqu'aux larmes, se demandaient si c'était un ange où un homme qui leur révélait ainsi les secrets de l'amour divin.

Les succès oratoires du P. Lefebvre furent éclatants, prodi-

Aoivux. L'évêque lui-même en était dans le ravissement. On se demandait partout quel était, d'où venait ce jeune homme si

éloquent: et, des paroisses environnantes, on se portait sur

son pissage pour l'entendre. La tournée épiscopale fut un triomphe d'éloquence sacrée.

Les paroisses où 11 avait prêché voulurent ensuite lavoir pour qu'il leur donnât des missions. L'évêque y consentit. TI fallut que labhé LeBlanc se résignât à se passer de son donna sa première mission à Saint-Hyacinthe même, sous le recurd de Mor Larocque, qui n'était pas encore suffisamment

Vicure, et l'académie de Naint-Aimé, de son aumônier.

fixe sur la science canonique et les connaissances générales d'un prédicateur qui n'avait à son avoir ni séminaire, ni cours élussique. L'épreuve fut jugée concluante, et l'évêque lui donna carte blanche pour prêcher dans son diocèse. Alors Gonnnença pour le P. Lefebvre, que tant de marmures flatteurs soulevés sur son passage laissaient absolument indifférent, une série de triomphes oratoires tels qu'on n'en à jiunais Vu de pareils dans le diocèse de Saint-Hyacinthe.

On rapporte de lui un trait qui fut beaucoup commenté dans le temps, et qui, tout insignifiant qu'il soit, contribua à lélever dans la faveur populaire. Je le note ici, parce que, à @ôt (le l'orateur, il fait connaître et aimer l’homme.

| Un jour qu'il était en chaire, prêchant comme saint Jean- Baptiste la nécessité de la pénitence, il s'arrêta au milieu dune période, à la recherche d'un mot qui lui échappait. Le Mot n'arrivait pas et le prédicateur, interloqué, allait perdre Je til de son discours. Alors le capitaine X.., sans songer à la

sainteté du lieu, et tout empoigné par son émotion, se lève « dit tout haut: “Jourdain, mon révérend Père.” Au leu 4e lui faire une semonce indignée, de le clouer sur son bane, d: Phumilier en un mot,le jeune prédicateur lui dit en sin.

clinant bien courtoisement: “Merci, mon capitaine et il continua son sermon.

La dernière mission qu'il précha et la plus retentissante fut à Sorel, la ville des hommes forts du Bas-Canada. In avait alors qu'une seule église pour la ville et la campagne. L retraite dura huit jours. Une dizaine de prêtres étaient cons. taniment occupés au confessionnal, et le temple saint n désemplissait pas. Devant l'éloquence du P. Lefebvre toute les résistances à la grâce fondaient comme la neige sous le chauds rayons du printemps. Sorel vit alors s'approcher de |: table sainte les hommes de chantier les plus endurcis, le invincibles compagnons de Joe Monferrant, les héros léger: daires de Bytown et de la drive sur l'Ottawa.

Etonnés de tant de ressources oratoires chez un jeun inconnu dépassant à peine la trentaine, ses confrères disaient “c'est à force de préparation.” Les Norellois, de leur côté, le médecin et le notaire en tête, soutenaient qu'il n'avait aucui temps à donner à la préparation de ses sermons, puisqui passait la moitié de la journée au confessionnal, où tout | monde, surtout les vieux loups des bois, voulait se confesse à lui. Pour en avoir le cœur net, il fut résolu d'un commu accord, — la mission se terminait le jour même, — de l'invite à donner, le lendemain au soir, une conférence, à lFhôtel «4 ville, sur la tempérance.

[l'était midi passé quand le maire, accompagné des notable de la ville, vint lui demander de faire une “ lecture ” sur Il s'en défendit, alléguant les fatigues de!

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tempérance, retraite et son défaut de connaissance du sujet.

représenta que Sorel était une ville où l’ivrognerie avait

tous temps causé de grands maux, et que la mission sert

incomplète, s'il ne consentait pas à la clore par une conti rence sur le fléau de l’intempérance.

prêtres présents à l’entrevue se joignirent à la délégation de

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