‹ Le père Lefebvre et l'Acadie [microforme]Chapitre 17 sur 77 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Oubli dans lequel les Acadiens eétiient tombés en ISG4. On Îles croyait incantis. Acharnement de la fatalité contre eux. Au ban de lhuma ute. -Leur dispersion. Population en 1753 et en 1763. —Les Puritains. Premiers évéques. Les Acadiens sont ignorés dans la liérarehie, Qui

les a créés et mis au monde?

[ne sera pas sans intérêt de nous arréter ici un instant, et, apres avoir fait connaître celui qui vient pour sauver la race acadienne, de montrer ce qu'était celle-ci, en 1864. Ce regard rétrospectif est nécessaire à la parfaite intelligence de Fœuvre de révénération commencée à Memramcook.

A son départ du Canada, !le P. Lefebvre, sauf ce que ni en avait laconiquement appris l'évêque de Saint-Jean, était dans une complete ignorance du pays où il'allut et de ses habitants. La nouvelle de lexistence d'un groupe d'Acadiens- Françaisau Nouveau-Brunswick avait été pour sa communauté toute une révélation, quelque chose comme la découverte d'une ville antique, retrouvée à cinquante pieds sous terre, et mise au jour par une fouille. On avait bien entendu parler dés Acadiens d'autrefois, d'un petit peuple pacifique, arraché eu pleine paix à ses foyers, dépouillé de tous ses biens, entassé dns des cales de navires et dispersé sur toutes les mers pour y périr: mais le monde se souvenait d'eux comme dune grande bunce de sang aperçue un soir dans le ciel serein, et aussitôt cuchee pour toujours par d'épais nuages NOITS ; conne d'un haulrase retentissant dont on retrouve, longtemps aupres, quelques épaves flottant sur l'abime: comme lse sonvient des

entants de Juda mis à mort sur l'ordre du “erael Hérode,” à

I-{ Canada, nû cette date, ne comprenait que les deux provinces du Hautetdu Ba:-Cunadu, aujourd'hui l'Ontario et le Québec,

ne mem mg “

tt.

cause des cris que pousserent dans Rama les mères éplorées

L'excës de leurs infortunes avait étonné le monde: puis le silence de loubli s'était fait sur leur te.sve refermée, | crand silence de la mort.

On les crovait à Jamais anéantis.

Longfellow, dans son beau poème l£rangéline, paru

1S47, faisait ainsi leur histoire contemporaine :

Only «long the shore of tlu mouraful and neysty Atlantic,

Linger a feu Headian peasants, whose fathers from ei H'ondered back to their native land to die its bosonm

M. Rameau de Naint-Pere, qui a peut-être plus contribn: tout seul à faire connaître À la France oublieuse ses colonie perdues d'Amérique que tous les autres écrivains ensemble disait, en 1859, dans la préface d'un livre qui fut toute un: révélation, non seulement pour le lecteur de la vieille Europ mais même ici pour nous: “Qui se souvient de Acadie ?

Ce n'est pas seulement aux Etats-Unis et en France qu l'on considérait iv 'race acadienne comme une chose du pass complètement anéantie, mais même dans là province sœur d Québec, les écrivains les plus sympathiques et les mieux ren seiunés ne disaient pas autre chose. Dans son #ntroduetio sur le 2° centenaire de l'érection du diocese de Québec (IST4

M. Chauveau. parlant des Acadiens, écrivait en toutes lettre

que même à cette époque “on ignorait presque leur exi

tence,” dans la province de Québec: et M. Bourassa, dans !

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