prologue de son roman acadien Jacques et Marie, paru
1860, avertit ses lecteurs que “la Providence à laissé les Ac
diens disparaitre.” Selon toutes les apparences il en était, il devait en ét
ainsi.
1—'t Seulement sur le rivage de l'Atlantique, triste et brameux, languiss
encore quelques paysans acadiens dont les pères revinrent misérablemen
Pexil dans leur pays natal pour y mourir.”
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Depuis la cession de leur pays à l'Angleterre par le traité J'Utrecht, en 1713,les Acadiens semblent une race fatalement vouée à Ja haine des hommes et à la malédiction de Dieu. Tout ce que les Anglais tentent contre eux, même dans Îles conditions les plus invraisemblables, comme, par exemple, le siewe de Louisbourg, en 1745, réussit au delà de toute espérance: tout ce que la France, le Canada, les sauvages, les missionnaires entreprennent pour le salut de l'Acadie tourne à sa perte. Les propres vertus des Acadiens, leur esprit de paix, leur amour du travail, leurs habitudes d'économie, le sentiment de l'honneur, leur très serupuleuse observance de la parole donnée, la religion de leurs serments, deviennent pour eux des embâches, servent de prétexte à leurs ennemis pour les opprimer, précipitent le cataclysme qui doit les engloutir, La guerre et la paix leur sont également funestes, Jusqu'en 1864, leur histoire justifierait mille fois, aux yeux des Mahométans, la loi de la fatalité: c'était écrit ! d'Utrecht leur pour disposer de leurs biens et se retirer sur le territoire
Une clause du traité accorde une année français. Les gouverneurs d'Annapolis, puis d'Halifax, entorüllent cette clause de manière à en faire un réseau inextricable dans lequel les pauvres Acadiens sont pris. Quand, en 1755, 1ls s'en échappent enfin, vidés comme la mouche tombée dans la toile d'une araignée, éest pour être Jetés à la mort.
Louis XV équippe, en 1746, une flotte formidable, qu'il envoie avec une armée de débarquement, sous les ordres du duc d'Anville, reconquérir la province perdue. Des tempêtes lerribles la dispersent et la brisent. Avec les débris, réunis à hibouctou (aujourd'hui Halifax), il reste assez de vais- Scaux et d'hommes pour prendre Port-Royal. Rendez-vous est donné à ce dernier endroit, où les sauvages et quelques Aculiens doivent concourir à l'assaut. Une nouvelle tempête assulle li Hotte au détour du Cap-Sable et la dissipe. Vaisseaux anglais font le reste,
Les
La fleur de la chevalerie canadienne, trois cents officiers et
soldat +, SOUS le commandement de de Villiers, se met en marche
au cœur de Phiver, et, apres avoir franchi en raquettes un: distance qui serait incroyable, si elle n'était positivement avérée, tombe sur un détachement de cinq cent vingt-cin( Auglais, cantonné à Grand-Pré,en tue cent trente et contraint le reste à se rendre à discrétion. Les Acadiens, en dépit d sollicitations pressantes, suivies de menaces de mort, gardent une neutralité scrupuleuse et refusent, à cause de leur ser ment, de se joindre aux Canadiens pour chasser les Anglais de leur pays. Le gouverneur d'Annapolis, Mascarene, leur « donne crédit dans une lettre aux Lords of Trade, où il dit “ Sans la neutralité des Acadiens, cette province était perdue. Cela n'empêche pas ses successeurs, Lawrence entre autres, de leur imputer à crime de n'avoir pas averti les Anglais «| l'arrivée des Canadiens, et d'invoquer ce prétexte pour len contisquer leurs biens.
L'abbé le Loutre, tout au contraire du facétieux ct trist messire Paquin, curé de Naint-Eustache, représente à se ouailles, avec beaucoup de raison, il faut en convenir, qui leur est légitime de se soustraire, par tous les moyens, à l'an
” torité anglaise, illégitimement constituée, quant à eux, et «
entraîne quelques-uns par la persuasion, un plus gran nombre par la violence, dans le fort Beauséjour, sur le terri toire français, espérant, avec leur concours, repousser vice rieusement les envahisseurs. Les Acadiens, se croyant toujour liés par leur serment de neutralité, répudié cependant par le vouverneurs d'Halifax, refusent de faire le coup de feu su les soldats anglais.
Loin de leur tenir compte de ce raffinement du sentime de l'honneur, Lawrence en fait un des principaux griefs contr eux ; et, comme l'Homme de douleur contre lequel les Juit ne pouvaient relever aucun acte de sédition, ïls n’en sont pi
moins de ce chef d'aceusation décrétés de mort,
Un certain nombre d'Acadiens, six mille environ, réussisser à échapper à la déportation de 1755, et vont fonder de not veaux établissements à File Saint-Jean, sur le territor français. Le général Amherst et l'amiral Boscawen tombe
précipitamment sur eux, trois ans plus tard, quand les bi
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