CHAPITRE SEPTIÈME
Langue française et celigion catholique, -— Missionnaires venus de France.
Premiers députés acadiens. -- Premières écoles, -— Les évêques de Québec veulent fonder un collège en Acadie, - Les Jésuites, — M. Gagnon.
lrétres acadiens, M. Bourg, M. Poirier, M, Giroir, M. Lafrance, précurseur du P, Lefebvre, — Son héroïsme, -- Fondation du ‘séminaire ” de
Saint-Thomas, futur collège Saint-Joseph.
Pour être véridique, et nous efforçons de l'être, il faut convenir que l'évêché de Québec qui, jusqu'en 1818, avait fourni aux Acadiens tous les missionnaires dont il pouvait disposer, continua, après l'érection des nouveaux diocèses, à nous envoyer des prêtres canadiens, quand nos évêques leur en demandaient. De leur côté, les évêques d'Halifax et de Churlottetown, et plus tard, après de nouvelles subdivisions, ceux de Saint-Jean, d'Arichat (aujourd'hui d'Antigonish) et de } Chatham, ne recrutaient pas facilement tous les missionnaires dont ils avaient besoin. L'Irlande leur en envoyait, mais en | petit nombre : il n'y avait pas de séminaire théologique dans ls provinces maritimes, et, jusqu'à la fondation de celui de Saint-Andrews, en 1831, pas de collège classique.
Toutes les nationalités eurent à souffrir de cet irrémédiable état de choses, les Acadiens peut-être plus que tous les autres. Pour eux anglais étuit la même chose que protestunt: et tout œ qui s'exprimait en cette langue, fût-ce leur religion, leur “tait suspect et arrivait difficilement à leur cœur.
Par contre français et catholique furent de tout temps, et sont encore aujourd'hui, synonymes, en Acadie, L'un ne va suëre sans l'autre. Faites perdre à un Acadien sa langue fransaise, vous faites de lui à courte échéance un protestant, à moins quil ne vive dans un milieu totalement catholique. C'est ce que certaines de nos autorités religieuses n’ont pas compris :
one me vrai
car il n'est pas permis de supposer qu'elles eussent sciemment exposé à l'hérésie des populations qui ne demandent qu'à demeurer dans le giron de l'Église romaine,
Dans les centres tout à fait catholiques, les Acadiens ne perdent naturellement pus leur foi en abandonnant leur langue maternelle; mais voyez, par le trait suivant, quel rapport ils mettent entre ln langue française et la religion catholique “Un vénérable prêtre m'écrit, dit M. Bourinot! dans son Cupr Breton and its Memorials, que la langue française disparait parmi les Acadiens du Cap-Breton ; que dans peu d'années il n'en restera d'autres traces que leurs prières mal prononces et imparfaitement comprises.”
Ils ne parlent plus le français, n'en comprennent plus la langue ; cependant ils continuent de prier et d'apprendre à leurs enfants à prier en français ! Leur belle langue maternelle, toujours aimée quoique proscrite, se réfugie dans la prière. et jette en mourant un dernier rayonnement, comme Île soleil disparaissant sous l'horizon laisse dans le firmament profond la réverbération de ses rayons divins.
C'est par les missionnaires que l'on connaissait, à Québec et à Halifax, l'existence des Acadiens et que l'on suivait leurs développements. De même qu'autrefois le règne des rois servait de chronologie à l’histoire, ainsi les Acadiens supputaient les années d'après l'arrivée et le départ de leurs missionnaires : tel événement s'était passé du temps de M. le
curé un tel, ou bien à l’époque du voyage de Mgr Plessis.
La révolution française jeta au milieu de nous des hommes d'un rare mérite, dont les vertus, les travaux et le patriotisme éclairé n'ont pas peu contribué à maintenir notre nationalité française et à afferinir notre foi catholique. Ce sont : M. Chan-
pion et M. Lejantel, missionnaires au Cap-Breton : M. Allain.
aux Iles-Madeleine; M. Ciquard, au Madawaska ; M. Desjardins
à Tracadie ; MM. Castenet et Voyer, à la Baie-des-Chaleurs:
1—M. Bourinot, premier greffier de la Chambre des communes, à Ottawa. est
un Jersiais protestant,