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tion des prix du collège de Saint-Louis, au Nouveau-Brunswick. Il était venu, comme il l'avait fait plusieurs fois pour Memramcook, s'assurer par lui-même des progrès du collège de M. l'abbé Richard, et prodiguer ses encouragements au
jeune fondateur.
Les exercices de fin d'année, mi-partie en langue anglaise et mi-partie en langue française, eurent un grand succès. L'étublissement paraissait solidement assis. Mais à la fin de la séance, Mgr l'évêque de Chatham, présent aux exercices, le condamna pour des raisons qu'il est préférable de ne pas répéter ici, quoiqu'elles fussent alors publiquement alléguées. M. Giroir, après un plaidoyer aussi habile que touchant en faveur du collège et de son fondateur, voyant la partie perdue, s'en retourna, le désespoir dans l'âme, à sa cure de Havre-à- Boucher, où il mourut peu de temps après. Il n'avait pas encore soixante ans.
Deux hommes très dissemblables par le caractère et le tempérament, mais marqués l’un et l’autre du sceau que Dieu imprime à ceux qu'il prédestine à ses œuvres de prédilection, ont attaché leur nom à la fondation du collège Saint- Joseph de Memramcook : ce sont M. Lafrance et le P. Lefebvre. Hommes d'action l’un et l’autre : le premier, devant qui se dressaient des obstacles apparemment insurmontables, se lança de l'avant avec toute l’ardeur de ceux qui ouvrent des sentiers infranchis ; le second tempéra constamment sa forte énergie par une diplomatie douce et une patience inaltérable. Tous deux furent d’une grande sainteté de vie.
Leurs rôles changés, il auraient nécessairement échoué l’un et l'autre, ne pouvant séparément accomplir l'œuvre qui est la résultante de leurs efforts et de leurs vies combinés.
Cela semble peu de chose la fondation d'un petit collège
Lau milieu des populations françaises de l’Acudie. Il y a des
projets d'apparence infime dont la réalisation demande autant de prudence et de vertu que la fondation d’un empire. Les préjugés sont quelquefois plus difficiles à vaincre qu'une armée rangée en bataille ; et il est aussi malaisé de changer le courant des idées reçues en haut lieu que le cours de l'Euphrate,
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