CHAPITRE TREIZIÈME
Son tempérament d'artiste, Période de paix.—Fanfare, Voyage à Monc ton. — Un canon qui part tout seul.-- Attaques anglaises. -—Premier avocat acadien, — Absence de préjugés. Excursion au fort Beauséjour.--Demoiselles de l'Académie de Sackville passées en revue.-Séances dramatiques et auteurs tragiques.
Le P. Lefebvre avait une âme d'artiste. Le benu, cette “splendeur du vrai,” le jetait dans le ravissement.
Toute grande vertu commence par l'enthousiasme et finit par l'amour. L'enthousiasme et l'amour étaient toute la vie du fondateur du collège Saint-Joseph. Un beau morceau d’architecture ou quil croyait tel, la décoration de sa chapelle de Saint-Joseph, par exemple, un grand trait, une action généreuse, un site gracieux, un tableau, là musique, le mettaient dans des extases d'enfant. L'art pour lui c'était la forme matérielle de la vertu. Il voyait Dieu dans tout ce qui est beau, dans tout ce qui est bien, dans tout ce qui est bon Le cardinal Perraud, de l'Académie française, vient de publier un livre sur la musique, où il paraphrase la doctrine platonienne de la musique assimilée à la morale. Le sage, pour lui, est un musicien et la vertu une harmonie. Le P, Lefebvre ne pensait pas différemment.
Quand, en 1871, il dota la paroisse de Memramcook d’un oreue, le premier qui ait été installé dans une église acadienne, il fit venir pour l’inaugurer un maëstro d’une ville éloiynée. Cet événement avait, en quelque sorte, halluciné son imagination. Les élèves, qui n'avaient jamais entendu d'orgue, sattendaient à ouïr dans les sourdines les harmonies mêmes dont les oreilles des chérubins sont éternellement curessées : dns les notes pleines, quelque chose comme le choc de
cristaux célestes, visibles à l'œil nu; et dans les basses pro. fondes, le sourd mugissement de l'abîime insondé.
Le P. Lefebvre vit et entendit tout cela.
Il eut, enfin, au collège même, son professeur de musique, qu'il fit venir de Montréal. Ceux qui, jusqu'en 1871, avaient enseigné le piano à ses enfants étaient des croque - notes, ayant plus de bonne volonté que de doigté. Puis, un jour, le paquebot transatlantique apporta de France de beaux instruments en cuivre jaune destinés à former un corps de musique. Ce jour-là personne au collège Saint-Joseph n'eût trouvé exagéré M. Joseph Prud'homme déclarant à ses amis que le sabre qu'ils lui présentaient était le plus beau jour de sa vie. Il y x des joies qui absorbent tout, le temps et la notion des choses. Les âmes dénuées d'enthousiasme ne comprennent pas ces joies-là.
L'organisation matérielle, quant aux besoins urgents de l'établissement, se trouva, à partir de ce moment, à peu prés au complet, et le P. Lefebvre put passer en revue l’œuvre accomplie par lui et se rendre le témoignage qu'il était bon et utile à ses frères.
Les rudes travaux de fondation étaient heureusement terminés, et les promesses de la moisson se laissaient apercevoir. Il se vit dans la position d’un marin sûr de son navire et de son équipage, et naviguant sur une mer bien connue de Jui. Il coula, à cette époque, dans l'exercice de ses fonctions de curé et de supérieur de son collège, plusieurs années qui furent les plus douces et les plus heureuses de toute sa vie. Le ciel et la terre lui souriaient ; et son âme. sous cette double convergence de rayons, se dilatait en Dieu. certaine d'avoir trouvé sa voie et de la suivre.
Cependant, il avait hâte de faire entendre au dehors, surtout aux oreilles des héretiques, le répertoire déjà considérable des airs de sa fanfare : de leur côté, les écoliers, qu s'estimaient, devant l'Eternel, de grands souffleurs dans les cuivres sonores, brûlaient d’une hâte plus vive encore. Il fut arrêté (1872) que tout le collège, musique en tête, irait diner à Moncton, le premier jour de grand congé.
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— Oui, mais beau, répliquèrent les enthousiastes.
Tout alla bien d'abord. La ville se montra inême accueillante, à cause de l'honneur inattendu qui lui était fait. Mais quand vint le moment de monter en voiture pour le retour, une foule de grands gamins qui s'était massée dans la cour de l'hôtel, assaillit les enfants à coups de pierres. Le P. Lefebvre fut lui-même cruellement atteint à l'épaule.
Cette attaque n'a rien d'extraordinaire, excepté qu'elle constate la survivance, en 1872, d’une ancienne habitude, chère à beaucoup d’Anglo-Saxons, d'assommer les Acadiens chaque fois qu'ils les rencontraient par groupe ou isolément. Les habitudes de cruauté se forment vite dans les âmes humaines, même dans celles qui ne sont pas naturellement mauvaises. Attendu que les pères avaient dépouillé, exilé, tué les aïeux, les les petits-fils ne croyaient peut-être pas mal agir en faisant sentir de la même manière leur supériorité britannique aux descendants, qui étaient encore sans protection civile, autant le dire, et sans moyens pratiques de revendication de leurs droits devant les tribunaux.
C'est surtout aux processions du Très Saint Sacrement que les forts-à-bras en gosuette aimaient à venir se donner carrière. Mais ici il y avait pour eux risques et périls. La religion est douce, mais non pas ses enfants quand ils se battent pour elie.
Une calèche, attelée de deux chevaux et montée de la fine gomme anglaise des environs, s'en était venue, l'année précédente, à Memramcook inême, enfiler en sens contraire toute là procession, en chantant. des airs bachiques et d’autres chansons. Par malheur, un vieux canon français, trouvé dans le marais sur son affût encore assez bien conservé, escortait depuis cinquante ans, le Très Saint Sacrement, aux processions de la Fête-Dieu. C'était le pacifique et seul usage auquel il fût réservé, Mais quel tonnerre il faisuit éclater à l'élévation de lhostie, enveloppant le reposoir dans les volutes de son épaisse fumée! Les femmes et les enfants en frémissaient, et les homines, au travers de leur adoration profonde, croyuient entendre l'écho de la France qui revenait.
Comme la voiture arrivait vis-à-vis du canon, celui-ci partit tout à coup sous les narines des chevaux qui, de leur côte partirent à travers champs. On ramassa dans le fossé quatre ou cinq citoyens de lu puissante Angleterre, avec des roues fracassées, des lambeaux pleins de boue, et des “ membres affreux,” que des charrons affirmèrent avoir appartenu à une voiture de louage, Le canonnier, Martin LeBlanc, la mine désolée, déclara que le vieux canon français était parti tout seul, par accident, oui, tout seul, en voyant les Anglais.
Messieurs les trouble - fête revinrent l'année suivante, à pied, cette fois, et bien déterminés à prendre une éclatante revanche. Ils se firent assommer. Pour avoir le dernier mot quand même, ils intentèrent un procès criminel, — procédé qui ne manquait jamais de réussir, — contre celui dont ils avaient le plus à se plaindre, un jeune Théophile B. LeBlanc, qui les avait abattus comme des épis mûrs. Or, il arriva ce qui ne s'était pas vu depuis le régime français dans l'histoire de l’Acadie: les inculpés eurent pour se défendre en cour de justice un avocat de leur race, M. Pierre Landry, qui occupa pour eux.
L'émotion soulevée par cet incident dans la paroisse de Memramcook et dans les centres françuis environnants fut intense. Une cause criminelle française défendue par un avocat français !
LeBlanc échappa à la prison et n'eut qu'une légère amende en argent, vite payée par la paroisse. Muis le bruit de ce procès se répercuta au Join, et, depuis ce temps-là, les Acadiens font leurs processions du Très Saint Sacrement, à Memramcook et ailleurs, sans être molestés.
Le P. Lefebvre ne prétendait pas laisser la lumière de son collège sous le boisseau, Chaque fois qu'il se présentait une occasion favorable, il produisait ses écoliers au dehors. Avec son admirable esprit, qu'éclairait sans doute l'Esprit de Celui qui l'avait suscité, il comprenait que sa mission en Acadie ne devait pas se borner aux choses techniques de l’enseignement, mais embrasser le relèvement général de toute la race.
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Le beau côté du euractère anglais et les avantages qu'il pouvait en retirer pour es siens ne lui échappaient pas. Il sentait que le mépris et les injustices dont les Acadiens étaient l'objet provenaient bien plus des préjugés et des habitudes transinises, que d’un parti pris. Pour dissiper ces ténèbres, 11 ne fallait qu'un peu de lumière. L'Anglais, amateur forcené de la liberté, ne trouveruit pas mauvais le relevemert des Français catholiques, et leur tendrait même, à l'occasion, une main amie. Le P. Lefebvre n’en doutait pas, lui qui regardait toujours les choses de leur côté lumineux, et voyait dans les hommes ce qu'ils ont de meilleur. La charité le rendait optimiste. Et puis il eût été absurde d'isoler les Acadiens, de les immobiliser, en faisant accroire à leur vanité qu'ils valaient mieux que les autres, —cette croyance entre souvent dans l'âme des races les plus nécessiteuses— ; au contraire, il importait de les jeter dans la mêlée, après les avoir bien armés pour la concurrence vitale,
Son collège était ouvert à tout le monde; et jamais Irlandais catholique, ni Anglais protestant n'eut à s'y plaindre d'une injustice, ou d'un passe-droit. L'amour du prochain, presque égal à l'amour de Dieu, si positivement commandé dans les Ecritures, si peu pratiqué parmi les chrétiens, y compris les catholiques, surtout vis-à-vis des dissidents en matière religieuse, était un précepte rigoureux au collège Saint-Joseph. L'égalité stricte régnait devant ie règlement et dans l'air anbiant.
En traitant bien chez lui ceux de race anglaise, il préparait l'opinion et ménageait à ses enfants une entrée plus facile dans le monde, quand ils quitteraient le collège. Mais ce travail de préparation, tout à fuit nécessaire, était lent dans ses résultats.
Nous avons vu comment, à sa premiere sortie, son voyage à Moncton, les choses avaient failli tourner au drame. Cela ne k découragea pas. Il fit d’autres excursions semblables, à Fox-Creek, à Shédiac, à Barachois, sans avoir à constater aucun incident fâcheux.
En vacances, il se faisait souvent tcompagner par quelqu'un de ses élèves dans ses courses et
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à pérégrinations. Quelques touristes distingués du Canada ut!
(| | étunt venus visiter les sites historiques de l’Acadie, il leur jet
donna pour ciceront les plus ferrés en histoire parmi ses cal
philosophes. Une autre fois il s'organisa, entre les plus avan- vis
cés purimi les élèves et le professeur de rhétorique, une vit
grande excursion au fort Beauséjour, aujourd'hui Cumber n'e
land, distant d'environ dix lieues. L'assentiment du supérieur L'u
[| | fut assez difficile à obtenir : la route était longue, et il Fallait ace
passer par Sackville, très mal réputé alors par son into Et
lérance pour tout ce qui était français et catholique. La pro Jos
! messe d’une composition historique sur le fameux fort tit vill
lever toutes les objections.
On partit, trois grandes voitures chargées d'écoliers, par un beau soleil levant du mois de juin.
| Beauséjour est situé sur la limite qui sépare le Nouvean L | Brunswick de la Nouvelle-Ecosse. Entouré d'immenses prai- l'inc | ries naturelles, au fond desquelles s'estompent Amherst à Æ unt
l’est, et Suckville au nord-ouest; dominant la nappe d'eau = qui fut l'antique Beuubassin des Français, et qu'on voi diess s'étendre en gracieux contours le long des villages acadiens — | maintenant disparus, jusqu'aux falaises de Menoudie, jus- tenir | qu'aux Jurdins-Elyséens, ce plateau était plus propre à y; nous | construire les palais de Sémiramis que les mauvais fortins du Neiur roi “ bien-aïmé” de France. Les Anglais firent de Beauséjour La une bouchée, Un boulet de canon qui pénétra par ricochet aux - | au travers d’un vasistas dans une casemate, ayant dérangé le en pl | déjeuner des officiers de madame de Pompadour, ceux-ci se À sidé | hâtèrent de capituler. L'affaire fut appelée le “siège de ve- RE duler lours.” ! Hom Au retour, l’excursion écolière s'arrêta à Sack ville, Saek ville son s . possède une grande université anglaise, Mount-Allison, et À celui ainés 1—Moncton, assisté des lieutenants-colonels Windslow et Scott, prit position ment, devant Beauséjour, le 2 juin 175%, avec 2,060 hommes. La place capitula le 16 du d'adn même mois, entraînant duns sa chute la reddition des forts Gaspareau et de la | Baie-Verte, —— De Verzor commandait avec 180 soldats. Il se trouvait aussi dans le fort plusieurs centaines d’Acadiens, Mais ceux-ci refusèrent de faire le coup de feu sur l-Les
turieus
les Anglais, à cause de leur serment de ‘‘ neutralité.”
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une académie de jeunes filles, non moins considérable, Nos jeunes amis se rendirent à l'université, où ils furent reçus en camarades. Les inspections terminées, le recteur les invita à visiter l'académie des demoiselles ! Le professeur, à qui l'invitation fut adressée, faillit tomber à lu renverse. Telle chose n'entrait pas dans le programme et n'avait pas été prévue, L'un des écoliers, saisissant toute la délicatesse de În situation, accepta, sans hésiter, au nom du professeur et de ses confrères. Et l'on vit les rhétoriciens et les philosophes du collège Saint- Joseph passer en revue les demoiselles de l'académie de Sackville, ou plutôt se faire passer en revue par elles,
Amour, tu perdis Troie !
Le P. Lefebvre, à qui le professeur, très incjuiet, raconta l'incident, demanda quelle figure ses élèves nvaient faite dans un rôle si nouveau pour eux.
— Oh! une figure excellente. Ni timidité gauche, ni hardiesse, Des vrais petits gentlemen.
— Alors tout est bien. C’est une vertu, ici-bas, de se bien tenir sous le feu, lorsque le devoir ou les convenances sociales nous y appellent. Mais il ne faudra pas recommencer. Notre Seiyneur n’est allé qu'une seule fois aux noces de Cana.
La chronique du collège relate un autre voyage, à l'Ileaux-Meules, celui-là, vis-à-vis des montains! de Chipoudie, en pleine baie de Fundy, voyage dramatique, s'il en fut, présidé par le P. Lefebvre lui-même, et dont les incidents se moduleraient mieux qu’ils ne se raconteruient en infime prose. Homère l’eût fait entrer dans son Odyssée, s'il l'eût tenu sous son stylet, et en eût fait un épisode bien plus homérique que celui de l'ile de Circé. Les écoliers se le racontent encore, les aînés aux plus jeunes, surtout certain incident, où le dévoue-
ment, la tendresse du P. Lefebvre, arrachent «es larmes d'admiration.
l-Les Acadiens disent indifféremmet montain où montagne, Cette finale est Qrieuse à étudier dans la formation de la langue française.
Quoique considérablement élastique, le plan de cet ouvrage ne me justifierait pas de trop abuser des digressions. C'est pourquoi je laisse à d'autres la narration du très intéressant
voyage de l'Tle-aux-Meules.
Il ne faudrait pas croire que toutes ces distractions du dehors se fissent au détriment des études. Elles en étaient, au contraire, le complément. Les classes se poursuivaient, à l'intérieur, avec toute la régularité des vieux progranmmes d’études classiques du Bas-Canada, et toute l'efficacité qu'y pouvait mettre le P. Lefebvre, avec le personnel enseignant qu'on lui fournissait. Le dévouement absolu chez les maîtres, la bonne volonté et l’entrain chez les élèves, faisaient le reste.
Ceux-ci, en outre des exercices du sport, le ballon ( foot bull) le bause-ball et le cricket, jeux nationaux des Américains et des Anglais, avaient une autre passion bien plus en harmonie avec leur atavisme romain et grec, et partagée avec enthousiasme par leurs parents et par tout le public: les représentations dramatiques. Dès la deuxième année, on termina les exercices scolaires par une séance publique où, après les discours, les dialogues, les déclamations et les chœurs, une pièce de théâtre fut représentée.
Cela constitua tout un événement pour le publie. Semblable chose ne s'était probablement jamais vue en Acadie, depuis l'Escarbot; et, comme l’aimable pharmacien était passé de vie à trépas depuis deux cent cinquante ans, personne ne se souvenait plus guère de l’ordre du “ Bon-Temps.” Aux séances publiques et dramatiques de fin d'année on ajouta bientôt, lorsque la société Saint-Jean-Baptiste eut été organise parmi les élèves, une séance à la Saint-Joseph ou à la Suinte- Cécile. Les Irlandais en firent une autre annuellement à Saint-Patrice : de sorte que les planches et les tréteaux du collège ne chaumaient guère. Mis le théâtre que l’on faisait n'était pas celui de Thespis, où les acteurs se barbouillaient de lie, ni celui des mascarades italiennes, C'était du vrai théâtre, avec des vraies pièces. Molière lui-même y entrait
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Le P. Lefebvre présidait aux répétitions, et se constituait metteur en scène, Quel imprésario il faisait ! Il y avait foule àtoutes ces séances.
Quand les pièces manquaient au répertoire, les professeurs et, au besoin, les écoliers, y suppléaient en en confectionnant ux-mêmes, ‘Ces productions du cru étaient toutes de grandes trasédies sanglantes, genre Crébillon pere.
J'ai remarqué chez tous les auteurs dramatiques sortis du collège Saint-Joseph un penchant prononcé pour la tragédie homicide. Dès la fin de l'année 1870, un jeine ecclésiastique ilandais !, d'ailleurs parfaitement estimable, en fit une sur sn pisode de l'expatriation des Acadiens. Rien de plus douloureux à voir et surtout à entendre! Le sang couluit à flots, dès le premier acte.
Au quatrième, tous les personnages français avaient péri sous le poignard où par l'épée: et, quand le rideau tomba sur h scène finale, il ne restait plus assez de vivants pour enterrer
les morts.
Il a passé peu de rhétoriciens par les classes du collège Nint-Jo-eph, qui, à un moment donné, n'aient eu une tragé- De, où tout au moins un drame, inédit, “rampant,” comme disent les Anglais, au fond de leur pupitre.
Pendant ce temps-là, le collège, sais faire aucun bruit au dehors, sans chercher la réclame, poursuivuit toujours dans le travail ardu et dans l'effacement, sa mission de régénération des Acadiens.
En 1870, M. Pierre Landry, sorti de ses classes depuis quatre as seulement, se faisait élire député de Westmoreland, comté où est situé le collège, à la Législature provinciale; et, en 1871, un an plus tard, un M. Peck, dans une discussion sur le buduet de l’éucation, déclarait, en pleine Chambre d’Assemlée qu'il n'était nullement nécessaire d'ouvrir des crédits pour le nouvelle université dans la province, attendu que celle de
l-Aujourd'hui décédé.
Memramcook répondait parfaitement aux besoins intellect als des deux races, et “était de beaucoup supérieure à toutes les autres.”
D'un autre côté, le P. Rézé, ancien supérieur provincial et, cette année-là, visiteur général de la communauté, terminait ainsi, le 16 octobre 1870, le rapport de sa visite à Memran:cook : “Je pars, heureux de tout ce que j'ai vu, et je prie Dieu de maintenir dans cette maison le bon esprit que j'y ai trouvé.”
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